Mais je manque à tous mes devoirs : je ne vous ai pas présenté sa vie amoureuse. Machiavel en parle souvent, sans détour, et avec un mélange désarmant de tendresse et d’obscénité.

Portrait de jeune fille avec un livre (1541) d'Agnolo Bronzino, Musée de offices
Portrait de jeune fille avec un livre (1541) d'Agnolo Bronzino, Musée de offices © Getty / De Agostini

Peu de temps après la mort de son père, il épousa celle qui allait rester sa femme sa vie durant. C’était à l’été 1501, et son nom était Marietta Corsini. Elle était issue d’une famille prestigieuse mais désargentée. Il lui écrivait de temps à autre, pas assez à son goût, surtout lorsque le service de la République florentine l’obligeait à d’incessantes missions. « Aussi vous serai-je reconnaissante de m’écrire un peu plus souvent, car je n’ai reçu que trois lettres depuis votre départ — Marietta à Nicolas Machiavel, novembre 1503 : la seule missive de sa main que nous ayons conservée — […] En ce moment le bébé va bien et vous ressemble : il a le teint blanc comme la neige, mais la tête semblable à du velours noir, et il est aussi poilu que vous. Comme il vous ressemble, il me semble beau ».

L'équipe
  • Patrick BoucheronProfesseur au Collège de France, titulaire de la chaire : Histoire des pouvoirs en Europe occidentale, XIIIe-XVIe siècles
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