Les amis se faisant plus rares, la correspondance de Machiavel se tarit peu à peu...

De Philologia', c1530 de Guillaume Budé
De Philologia', c1530 de Guillaume Budé © Getty / Print Collector

Tandis qu’on pouvait suivre le fil de son existence au jour le jour durant sa période d’intense activité politique — ces quinze ans au cours desquels, de 1498 à 1512, il n’a « ni joué ni dormi » —, sa vie n’est désormais plus scandée que par l’écriture. Encore la chronologie de ses œuvres demeure-t-elle incertaine. Mais une chose est sûre : il ne cessera plus d'écrire, se donnant à tous les genres, passant prestement de l’un à l’autre.

Poésie, théâtre, traités, philosophie morale, histoire : tout est bon pourvu qu’il puisse exercer cet art du mot juste qu’exige selon lui la méchanceté des temps. Car lorsqu’entre les mots et les choses n’existe plus qu’un rapport incertain, lorsqu’un pouvoir injuste travaille à rendre inopérante la langue du politique, alors l’exigence littéraire se fait impérieuse. Non pas seulement pour opposer aux malignités de la fortune la force paisible et solennelle des livres, mais pour puiser en eux le courage de nommer.

L'équipe
  • Patrick BoucheronProfesseur au Collège de France, titulaire de la chaire : Histoire des pouvoirs en Europe occidentale, XIIIe-XVIe siècles
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