C’est un petit jardin à l’ombre d’un palais. On y vient prendre le frais, sous les statues antiques et les arbres dont les essences lointaines évoquent l’immensité du monde

La Republique en marche, statue de Jules Dalou
La Republique en marche, statue de Jules Dalou © Maxppp / Yann Foreix

 On y parle littérature et politique, pour se délasser de conversations raffinées — mais aussi, peut-être, pour préparer l’avenir. Qui ça on ? Quelques Florentins bien nés, rassemblés autour de Cosimo Rucellai, le maître de ces lieux qu’on appelle en latin, Oricellari, les jardins Rucellai.

Vous ai-je dit que Machiavel était beau parleur ? Il l’était, assurément. Si bien qu’à partir de 1517, nombreux étaient ceux qui venaient l’écouter discourir de la république romaine. Au premier siècle de notre ère, Tite-Live en raconta les origines dans sa monumentale Histoire de Rome. On n’attendait pas de Machiavel une glose sagement ordonnée de l’illustre historien antique, comme un exercice d’école. Il commentait Tite-Live pour y chercher des règles d’action. En toute liberté, il tentait de corriger le présent par l’intelligence du passé.

L'équipe
  • Patrick BoucheronProfesseur au Collège de France, titulaire de la chaire : Histoire des pouvoirs en Europe occidentale, XIIIe-XVIe siècles
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