Nicolas Machiavel va-t-il rattraper le temps perdu ? Après huit ans d'exil et d'écriture, le voici qui reprend le chemin de l'action politique.

Un tableau représentant la bataille de Pavie , un engagement militaire du 24 Février , 1525
Un tableau représentant la bataille de Pavie , un engagement militaire du 24 Février , 1525 © Domaine public

Nicolas Machiavel renoue avec l'action politique - pour des missions modestes d'abord, puis, comme le cardinal Jules de Médicis pour lequel il travaille devient pape (sous le nom de Clément VII), son rayon d'action s'élargit : c'est à Rome et à Venise qu'il part désormais en ambassade.

Mais, dans le même temps, ce sont les affaires italiennes qui prennent une toute autre dimension : les guerres d'Italie sont entrées dans leur seconde phase, celle de l'affrontement entre les deux grands souverains aux prétentions universalistes : François Ier, roi de France, et Charles Quint, roi d'Espagne et empereur des Romains.

L'Histoire désormais se déroule en grand. Que peuvent les petits États italiens pour ne pas se laisser ballotter sur son cours impétueux ? Machiavel désespère désormais de la République et de la capacité des Italiens à s'armer face aux troupes impériales.

Qu'est-ce que l'Histoire ? Et peut-elle faire retour ?

Extrait d'une lettre de Guy Chardin à Machiavel :

Je pense au fond de moi- même que seuls les visages des hommes et l'aspect des choses changent, mais que ces mêmes choses reviennent. Nous assistons aussi à des événements qui sont autrefois arrivés, mais la mutation des noms est de l'aspect des choses est telle que seuls les savants sont en mesure de les reconnaître. C'est pourquoi l'Histoire est utile et profitable. Parce qu'elle te présente et te fait reconnaître ce que tu n'as jamais vu ni reconnu.

L'équipe
  • Patrick BoucheronProfesseur au Collège de France, titulaire de la chaire : Histoire des pouvoirs en Europe occidentale, XIIIe-XVIe siècles
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