Voyager et écrire. C’est ainsi que Machiavel « apprend l’art de l’État ». Y aller voir, et lorsqu’on ne peut se déplacer soi-même...

Machiavel
Machiavel © Photo d'archives

Et échanger avec ses correspondants des volées de missives, ces infatigables voyageuses. De 1498 à 1512, pendant quinze ans, le secrétaire de la chancellerie de Florence rédigea des milliers de dépêches, rapports et lettres de légation à destination de toute l’Europe.

La masse de ses lettres est comme une houle que vient parfois agiter le ressac accéléré du tempo politique. Alors, c’est plusieurs fois par jour qu’il doit prendre la plume, ou dicter à la hâte, pour raconter, s’informer, questionner, éprouver les volontés.

Parfois, il ne peut s’en empêcher, et se laisse embarquer par la puissance d’un détail, l’allant d’un récit — son écriture s’emballe et ciselle des formules bien cinglantes qui font la réjouissante méchanceté de son style.

L'équipe
  • Patrick BoucheronProfesseur au Collège de France, titulaire de la chaire : Histoire des pouvoirs en Europe occidentale, XIIIe-XVIe siècles
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