Sous prétexte que Montaigne s'est volontiers dépeint comme un honnête homme, comme un oisif retiré sur ses terres, réfugié dans sa librairie, on oublie qu'il a aussi été un homme public engagé dans son siècle et qu'il a exercé d'importantes responsabilités politiques durant une époque troublée de notre histoire. Il a ainsi servi de négociateur entre catholiques et protestants, entre et Henri III et Henri de Navarre, le futur Henri IV.

Il en tire cette leçon :

En ce peu que j'ai eu à négocier entre nos princes, en ces divisions et subdivisions qui nous déchirent aujourd'hui, j'ai curieusement évité qu'ils se méprisent en moi et s'enferrassent en mon masque. Les gens du métier se tiennent les plus couverts et se présentent et contrefont les plus moyens qu'ils peuvent. Moi je m'offre par les opinions les plus vives et par ma forme plus mienne, tendre négociateur et novicequi aime mieux faillir à l'affaire qu'à moi. Ça a été pourtant jusqu'à cette heure avec tels heurs, car certes fortune y a principalement part, que peu ont passé de mains à autres avec moins de soupçons, moins de valeurs et de privauté. J'ai une façon ouverte, aisée à s'insinuer, et à se donner crédit aux premières accointances. La naïveté et la vérité pure en quelque siècle que ce soit trouvent encore leur opportunité et leur mise

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