Montaigne qui décrit comment il se comporte dans la conversation, que ce soit un entretien familier ou une discussion plus protocolaire. C’est au chapitre « De l’art de conférer », dans le livre III des Essais . La conférence, c’est le dialogue, la délibération. Il se présente comme un homme accueillant aux idées des autres, ouvert, disponible, et non têtu, borné, buté dans ses opinions :

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Couverture montaigne © radio-france

Je festoie et caresse la vérité en quelque main que je la trouve, et m’y rends allégrement, et lui tends mes armes vaincues, de loin que je la vois approcher. Et pourvu qu’on n’y procède d’une trogne trop impérieusement magistrale, je prends plaisir à être repris. Et m’accommode aux accusateurs, souvent plus, par raison de civilité, que par raison d’amendement : aimant à gratifier et à nourrir la liberté de m’avertir, par la facilité de céder. (III, 8, 1447 ; 1119-20). Mon imagination se contredit elle-même si souvent, et condamne, que ce m’est tout un, qu’un autre le face : vu principalement que je ne donne à sa répréhension, que l’autorité que je veux. Mais je romps paille avec celui, qui se tient si haut à la main : comme j’en connais quelqu’un, qui plaint son avertissement, s’il n’en est cru : et prend à injure, si on estrive [renâcle] à le suivre.

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