Dans un monde toujours et partout divisé entre le pour et le contre, Pascal semble se mettre à la recherche de la position qui dépassera les contradictions, qui sera équidistante des extrêmes, ou les surplombera.

Le philosophe Pascal est l'adepte du juste milieu
Le philosophe Pascal est l'adepte du juste milieu © Getty / Walt Seng

L’extrême esprit est accusé de folie comme l’extrême défaut. Rien que la médiocrité n’est bon : c’est la pluralité qui a établi cela, et qui mord quiconque s’en échappe par quelque bout que ce soit. Je ne m’y obstinerai pas. Je consens bien qu’on m’y mette et me refuse d’être au bas bout, non pas parce qu’il est bas, mais parce qu’il est bout, car je refuserais de même qu’on me mît au haut. C’est sortir de l’humanité que de sortir du milieu (452-518).  

La médiocrité n’a pas ici de sens dépréciatif. Au contraire, se trouvant au milieu de deux extrémités, elle ne pèche ni par excès ni par défaut et correspond à l’idéal de l’aurea mediocritas, la « précieuse modération » d’Horace. 

Philosophie du juste milieu, elle recommande la tempérance entre folie et sagesse

Le pseudonyme de Pascal dans les Pensées est Salomon de Tultie, liant la sagesse de Salomon et la folie, sultitia en latin. Pascal se range du côté de la pluralité, soit de la majorité, pour défendre la médiocrité. Grâce à une gradation, le sage rejoint l’opinion du peuple contre les demi-savants qui veulent sortir du lot.  

Qu’un Montaigne revendique le milieu, ni le bas ni le haut bout, ni la place la plus honorable ni la moins honorable, cela répond à son acceptation de la condition humaine, car la grandeur consiste à ne pas sortir du milieu, mais de la part de Pascal, cette attitude peut surprendre : qu’est-ce en effet que le milieu, à l’équilibre entre les extrêmes, entre les deux infinis ?   

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