Il est partout question de l’amour-propre dans les Pensées : « La nature de l’amour propre et de ce moi humain est de n’aimer que soi, et de ne considérer que soi » (743-978). Dans son égoïsme, l’homme ne peut pourtant ignorer « que cet objet qu’il aime ne soit plein de défauts et de misère ».

Blaise Pascal
Blaise Pascal © Getty / Hulton Archive

Tout renvoie l'homme à sa propre déchéance : 

Il veut être grand, et il se voit petit. Il veut être heureux, et il se voit misérable. Il veut être parfait, et il se voit plein d’imperfections. Il veut être l’objet de l’amour et de l’estime des hommes, et il voit que ses défauts ne méritent que leur aversion et leur mépris. 

Mais au lieu de le convaincre de son état, ce spectacle lui inspire « la plus injuste et la plus criminelle passion qu’il soit possible de s’imaginer », et « il conçoit une haine mortelle contre cette vérité qui le reprend, et qui le convainc de ses défauts ».   

L’amour-propre, que Pascal appelle aussi concupiscence, est le contraire de la charité 

C’est l’amour de la créature qui ne dépend plus de l’amour de Dieu. Pascal suit saint Augustin, pour qui c’est la volonté qui aime, au sens où elle désire, est attirée, comme aimantée par son objet. 

Si c’est par Dieu, cela donne la charité, mais si c’est par la créature, cela donne la concupiscence. L’amour mobilise l’âme, lui donne force et vie ; il la conduit vers son « lieu naturel » : « Mon poids, c’est mon amour », Pondus meum amor meus, disait saint Augustin dans les Confessions (XIII, 9). 

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