La tyrannie et un grand thème pascalien. Si Pascal, grâce à une « pensée de derrière », respecte la force et la juge légitime, même lorsqu’elle s’impose au mépris de la justice car elle garantit l’ordre, il se dresse toujours contre la tyrannie, qu’il définit dans les Pensées.

Abbaye de Port-Royal
Abbaye de Port-Royal © Getty / Nastasic

La tyrannie consiste au désir de domination universel et hors de son ordre (92-58).

La tyrannie est une force illégitime parce qu’elle exerce son autorité dans un domaine qui ne relève pas de sa compétence ou juridiction. C’est donc un abus de pouvoir. Ainsi l’autorité politique n’a pas de légitimité à s’imposer en matière scientifique, artistique, intellectuelle ou religieuse, matières qui relèvent d’ordres distincts :

« Diverses chambres, de forts, de beaux, de bons esprits, de pieux, dont chacun règne chez soi, non ailleurs, et quelquefois ils se rencontrent. Et le fort et le beau se battent sottement à qui sera le maître l’un de l’autre, car leur maîtrise est de divers genre. Ils ne s’entendent pas. Et leur faute est de vouloir régner partout. Rien ne le peut, non pas même la force. Elle ne fait rien au royaume des savants. Elle n’est maîtresse que des actions extérieures » (92-58).

Le combat de la force et de la beauté, ou de la force et de la science, ou de la force et de la religion n’a pas lieu d’être. Tyrannique est un ordre que prétend « régner partout », y compris hors de son domaine propre.

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