Pascal mena un long et dur combat contre les casuistes, dans les Provinciales mais aussi dans les Pensées : on y lit que la religion « chrétienne est bien différente dans les Livres saints et dans les casuistes » (276-243). Autrement dit, les casuistes pervertissent la religion de l’Évangile.

Pascal contre les théologiens qui "ont quelques principes vrais, mais ils en abusent"
Pascal contre les théologiens qui "ont quelques principes vrais, mais ils en abusent" © Getty / duncan1890

Mais qui sont les casuistes ? Ce sont les théologiens, en particulier jésuites, qui analysent et résolvent les cas de conscience, les problèmes moraux. Dans les Provinciales, Pascal s’élève contre leur laxisme, car ils permettent à peu près tout sous certaines conditions. Ils tournent habilement les interdits édictés par l’Église.

Suivant cette notation pour les Provinciales recueillie dans les Pensées :

Les casuistes soumettent la décision à la raison corrompue et le choix des décisions à la volonté corrompue, afin que tout ce qu’il y a de corrompu dans la nature de l’homme ait part à sa conduite (498-601).

Pascal se méfie de certains casuistes

Dans les Provinciales, Pascal met les rieurs de son côté en montrant que les casuistes ont permis à peu près tous les crimes. Par exemple, les édits du roi interdisent le duel (602-722), et bien sûr les commandements de Dieu aussi, mais on trouvera toujours un casuiste, Molina, le théologien jésuite espagnol le plus célèbre, ou un autre, Hurtado, Escobar, Sanchez ou Lessius, pour permettre le duel si l’on n’a pas « l’intention expresse de se battre » : 

Car quel mal y a-t-il d’aller dans un champ, de s’y promener en attendant un homme, et de se défendre si on l’y vient attaquer ?  (VIIe Provinciale, p. 371). 

Ainsi le duel, s’il se présente comme une rencontre fortuite, non préméditée, est permis grâce à une restriction mentale qui n’est aux yeux de Pascal qu’un subterfuge et un jeu sur les mots.

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