Les marxistes ont toujours respecté Pascal. Ils aiment son cynisme politique, son style offensif, sa virtuosité dialectique, son austérité morale, sa foi épurée. On faisait lire les Provinciales aux militants pour les entraîner à combattre leurs ennemis de classe.

Statue de Marc à Kaliningrad. On est loin de la lutte des classes entre officiers et commissaires, mais les marxistes apprendront longtemps le combat politique dans les Provinciales.
Statue de Marc à Kaliningrad. On est loin de la lutte des classes entre officiers et commissaires, mais les marxistes apprendront longtemps le combat politique dans les Provinciales. © Getty / Alex Potemkin

Dans le film de Rohmer, Ma nuit chez Maud, l’ami de jeunesse que retrouve le catholique Jean-Louis Trintignant à Clermont-Ferrand est un professeur de philosophie marxiste, joué par Antoine Vitez. Dans un café, ils se lancent dans une longue discussion sur le pari de Pascal. 

Vitez défend l’argument en substituant au pari sur l’existence de Dieu un pari sur le sens de l’histoire. S’il faut choisir entre ces deux hypothèses : l’histoire n’a pas de sens ou l’histoire a un sens, et même s’il y a 90 % de chances pour le non-sens de l’histoire et seulement 10 % pour son sens, il est raisonnable de parier pour un monde meilleur.

Tout engagement politique pour changer le monde se fonde sur un pari semblable à celui de Pascal.

Alors que Pascal, comme son père, se montrait d’une grande prudence politique.  La lecture marxiste de Pascal la plus achevée reste celle de Lucien Goldmann, dans son livre de 1955, Le Dieu caché, sur le jansénisme, Pascal et Racine.

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