L’« Apologie de la religion chrétienne » de Pascal a un seul but : convertir son lecteur, interlocuteur plus qu’adversaire. Le destinataire, ce sont les libertins (même si le mot n’apparaît pas dans les Pensées), le milieu des amis que Pascal a fréquentés durant sa période dite mondaine, comme le chevalier de Méré...

Discussion entre Pascal, Desargues et Descartes
Discussion entre Pascal, Desargues et Descartes © Getty / Francois Flameng / Josse / Leemage

... ou Damien Mitton (cité trois fois dans les Pensées).  Mais attention ! Un libertin, du temps de Pascal, n’est pas, comme pour nous aujourd’hui, quelqu’un dont les mœurs sont libres, c’est quelqu’un dont la pensée est libre, qui exerce sa pensée en dehors des contraintes du dogme : c’est un libre-penseur, déiste, athée, ou indifférent. La première des libertés est pour lui la liberté de conscience, l’indépendance de la pensée par rapport à la religion et la morale chrétiennes.

Méré et Mitton sont des hommes du monde, des honnêtes hommes, des praticiens et aussi des théoriciens de l’honnêteté, c’est-à-dire de l’art d’être heureux et de rendre heureux ceux qui vous entourent. Ils partagent avec Pascal cette prémisse des Pensées : « Nous recherchons le bonheur » (20-401).

Pascal s’intéresse peu à l’autre versant du libertinage, le libertinage savant, plus dangereux pour le dogme

Maniant l’esprit critique, les érudits (Pompanazzi, Naudé) contestent, au nom de l’histoire et de la philosophie, les vérités du christianisme, telles l’Incarnation, la Trinité, l’Eucharistie. La discussion avec les mondains est plus serrée :

Le moi est haïssable. Vous, Mitton, le couvrez, vous ne l’ôtez point pour cela. Vous êtes donc toujours haïssable. (494-597).

Pascal ébauche ici un dialogue imaginaire avec son ami libre-penseur.

La suite à écouter...

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