Ainsi parlait Paul Valéry de l'angoisse des fins de mois qu'il tentera de vaincre en rédigeant de faux-manuscrits pour les bibliophiles, et en accueillant également le mécénat de nombreuses femmes fortunées, captivées par ses causeries magnétiques.

En 1922, alors que Paul Valéry est son secrétaire particulier, Édouard Lebey décède et cette situation plonge l'écrivain dans l'angoisse du lendemain. 

Le poète vivra de la vente de vrais-faux-manuscrits, de commandes toutes honorées, de préfaces et de conférences bien payées (d’où la place des œuvres de circonstances dans ses œuvres complètes) et de la multiplication des éditions et réimpressions de luxe.

Mais il vivra également de la générosité de femmes fortunées, ainsi les comtesses Martine de Béhague, Anna de Noailles, les duchesses de Clermont-Tonnerre et de la Rochefoucauld, les princesses Bonaparte, de la Rochefoucauld, de Polignac, de Bassiano ( ce sera elle qui lancera en 1924 la revue Commerce), avec des amies très libérales des lettres françaises venues d’Amérique, comme Nathalie Clifford Barney. 

Benoît Peeters, biographe

Déjà auteur de deux biographies, celle de Hergé et celle de Jacques Derrida, Benoît Peeters a fondé la biographie de Paul Valéry sur la correspondance que ce dernier a entretenu avec André Gide et Pierre Louÿs, mais aussi sur les rapports fructueux avec le poète Stéphane Mallarmé et le surréaliste André Breton. Cet essai est une mise en scène d'une tension intérieure du poète et penseur, entre fragilité sensible et exigence intellectuelle.

la biographie de Benoît Peteers, Paul Valéry, une Vie, est paru aux éditions Flammarion en janvier 2016.

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