Napoleon Bonaparte on Board the 'Bellerophon' in Plymouth Sound, oil on canvas
Napoleon Bonaparte on Board the 'Bellerophon' in Plymouth Sound, oil on canvas © The National Maritime Museum - Wikimedia Commons / Charles Lock Eastlake

Chez les Hugo, la politique est une histoire de famille. Lorsque Victor était encore enfant, deux camps s’opposaient : les royalistes (représentés par la mère, Sophie) et les napoléoniens (défendus par le père, Léopold, général d’Empire). Cette divergence d’opinion politique fut l’une des nombreuses causes qui amenèrent le couple à se séparer… Victor resta vivre avec sa mère qui l’éduqua, donc, dans la plus stricte tradition ultra… Sans compter que le garçon s’intéressa très vite à la littérature et notamment à Chateaubriand – lui-même partisan de la dynastie des Bourbons…

Le jeune écrivain grandit donc dans le culte des rois de France et dans la haine de celui qu’il surnomme « Buonaparte ».

En 1822, il lui consacre une ode dans laquelle tous les mots sont subtilement choisis : Napoléon Ier n’est qu’un « despote », un « fier » qui « s’endort dans son néant », un « tyran » orgueilleux, en somme, qui écrase le monde pour collectionner les trônes… L’image surannée de l’Empereur triomphant saluant la foule est bien lointaine… C’est pourtant l’un des premiers souvenirs de Victor Hugo, qu’il raconte dans Les Feuilles d’automne :

« Dans une grande fête, un jour, au Panthéon,

J’avais sept ans, je vis passer Napoléon. (…)

Et ce qui me frappa dans ma sainte terreur, (…)

Même après que le cri sur sa route élevé

Se fut évanoui dans ma jeune mémoire,

Ce fut de voir, parmi ces fanfares de gloire,

Dans le bruit qu’il faisait, cet homme souverain

Passer, muet et grave, ainsi qu’un dieu d’airain ! »[1]

Il faut attendre 1823 pour voir de nouveau apparaître, sous la plume du poète, la magnificence de l’Empereur. Entre temps, Victor a perdu sa mère, et s’est rapproché d’un père qu’il ne voyait presque plus…

[1]Les Feuilles d’automne

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