C’est à Bruxelles, hébergé par des amis de Juliette Drouet, que l’écrivain dissident, l’Académicien « proscrit », va entamer la rédaction d’un véritable brûlot. Son titre : Napoléon Le Petit, un pamphlet en forme de cri d’indignation pour désigner le neveu du « premier » Napoléon ; ce « traître » celui en qui Hugo avait pourtant placé sa confiance pour les élections présidentielles de 1848.

A l’époque, il fallait à tout prix éviter que son concurrent, le général Eugène Cavaignac, soit élu… Et tout avait fonctionné : Louis Napoléon Bonaparte avait été choisi, il avait prêté serment et juré de « rester fidèle à la République démocratique ». Plus tard, Hugo avait même dîné avec lui, en tête à tête, à l’Elysée. Les deux hommes s’estimaient dans un silence cordial… Mais l’Empereur ambitieux réfléchissait déjà à se représenter au terme de son premier mandat…

Il demande donc la révision de la Constitution qui l’en empêche. C’est à ce moment que Hugo, siégeant à l’Assemblée, entrevoit la catastrophe et lance à la tribune des députés :

Quoi ! Après Auguste, Augustule ! Quoi ! Parce que nous avons eu Napoléon le Grand, il faut que nous ayons Napoléon le Petit ! .

La formule est trouvée, il faut maintenant lui donner corps à travers un livre aussi violent que drôle… L’audace est le maître-mot de cet ouvrage, dans lequel l’Empereur est dépeint sous les traits d’un « pirate ». Tantôt il est « vulgaire, puéril, théâtral et vain ». Tantôt, son action politique est inexistante :

Ce dictateur s’agite, rendons-lui justice », convient l’écrivain. « Il ne reste pas un moment tranquille ; il sent autour de lui avec effroi la solitude et les ténèbres ; ceux qui ont peur la nuit chantent, lui il se remue. Il fait rage, il touche à tout, il court après les projets ; ne pouvant créer, il décrète ; il cherche à donner le change sur sa nullité ; c’est le mouvement perpétuel ; mais hélas ! Cette roue tourne à vide .

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