spiritisme
spiritisme © corbis / © Hulton-Deutsch Collection
**Victor Hugo fut l’un des hommes les plus respectés de son temps : poète adulé, romancier à succès, politicien engagé, Académicien et Pair de France… Comment i** **maginer que cet écrivain croyait, très sérieusement, aux fantômes…?** Ce n’était pas une lubie, ni une extravagance de l’âge. Hugo a passé près de deux ans de sa vie à parler aux morts et à retranscrire scrupuleusement toutes ses conversations avec l’au-delà. Mais il a toujours fait en sorte que ses « cahiers » restent secrets… Réputation oblige ! Leur publication devait être posthume, car elle aurait ruiné sa carrière politique. Aujourd’hui, nous pouvons les lire. Les deux seuls cahiers qui nous sont parvenus, sont réunis dans un ouvrage qui pour titre _Le Livre des Tables_ … On y découvre un Victor Hugo singulier, convaincu de la survie et de la parole des âmes, et qui s’adonne quotidiennement à des séances de spiritisme entre l’automne 1853 et la fin de l’année 1855. Voilà alors près d’un an qu’il habite sur l’île de Jersey, dans une étrange maison en front de mer, isolée de tout. Pas une bibliothèque, ni un théâtre ou un musée pour le divertir… Il s’ennuie, et ne s’est toujours pas remis de la perte de sa fille Léopoldine. Perché sur ce « petit coin de terre libre »[[1]](#_ftn1) au large de la Normandie, Victor Hugo écrit beaucoup, se promène le long de la mer… et dialogue avec les esprits. C’est son amie Delphine de Girardin qui l’initie aux tables tournantes, une pratique très à la mode outre-Atlantique. Dès son arrivée, la poétesse met tout en place, et la famille Hugo, d’abord sceptique, se prête au jeu. Mais rien ne se passe : la table ne bouge pas. Alors Delphine part en acheter une autre : cette fois-ci, elle est ronde, avec trois pieds. Et on recommence : toujours rien. Le groupe ne se décourage pas et renouvelle l’expérience le 11 septembre 1853 avec d’autres témoins. Ce soir-là sont présents Delphine, donc, Mme Hugo, Victor, leurs fils Charles et François-Victor, la jeune Adèle, le général Le Flô et son épouse, le comte Henri de Tréveneuc et l’ami fidèle, Auguste Vacquerie. Et cette fois, l’esprit est appelé, et l’esprit répond… [[1]](#_ftnref1) Lettre à Paul Meurice du 19 décembre 1851 [[2]](#_ftnref2) Victor Hugo, _Le Livre des Tables, les séances spirites de Jersey_ , éd. Gallimard, coll. « Folio », 2014, p. 51 [[3]](#_ftnref3) Ibid.. p. 53 [[4]](#_ftnref4) Poème XXVI, Livre VI des _Contemplations_
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