Il se fait beaucoup de grandes actions dans les petites luttes. Il y a des bravoures opiniâtres et ignorées qui se défendent pied à pied dans l’ombre contre l’envahissement fatal des nécessités et des turpitudes. Nobles et mystérieux triomphes qu’aucun regard ne voit, qu’aucune renommée ne paye, qu’aucune fanfare ne salue. La vie, le malheur, l’isolement, l’abandon, la pauvreté, sont des champs de bataille qui ont leurs héros ; héros obscurs plus grands parfois que les héros illustres .

Les Misérables
Les Misérables © Stefano Bianchetti/Corbis

Voilà peut-être la meilleure définition que Victor Hugo donne de son livre Les Misérables : un roman qui jette comme une lumière sur le désespoir des « pauvres gens », et qui hisse les infortunés au rang des grandes âmes.

Le héros charismatique de ce roman s’appelle Jean Valjean. Cet homme « dans la force de l’âge » vient de retrouver sa liberté, après vingt années passées dans l’enfer du bagne pour un vol de pain. Sur sa route, il rencontre Monseigneur Bienvenu, le premier de tous qui le regarde avec humanité et lui donne sa chance. Suivant sa bonne étoile, Jean Valjean prend l’identité de M. Madeleine. Il fait fortune et devient maire d’une petite ville de province. Dans cette ascension, il rencontre la belle Fantine, victime de la malveillance des plus forts ; sa petite fille Cosette, qu’il recueille comme son propre enfant ; il croise la route du ténébreux Javert qui va tout faire pour l’arrêter, et du jeune Marius, porté par le rêve révolutionnaire de 1830… Les 1500 pages du roman sont celles d’une rédemption. A force de volonté et de foi chrétienne, Jean Valjean va tenter de combattre « la veine noire de la destinée » pour devenir meilleur…

A sa sortie, en 1862, le livre s’arrache. Les lecteurs patientent des heures à l’entrée des librairies, certains se cotisent pour acheter « le nouveau Victor Hugo »… On se raconte les péripéties, on craint pour la vie des personnages… Le roman se vend comme jamais, les éditeurs lancent des traductions dans une douzaine de pays, on reproche à son auteur de s’enrichir sur le dos des vrais miséreux…

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