« Ma pensée est : ‘Toujours en avant’. Si Dieu avait voulu que l’homme reculât, il lui aurait mis un œil derrière la tête »[1]. Victor Hugo est un pragmatique. C’est aussi un vrai optimiste. Il n’a jamais cédé au désespoir, alors même qu’il a pu le rencontrer, et s’y perdre à certains moments. Rien ne lui a fait baisser le front[2], ni « les périls », ni « l’épreuve », ni « les revers »[3].

Sa trajectoire est un perpétuel élan… Sur le plan politique, littéraire et sentimental, le chemin d’Hugo est dense et sinueux, mais une force mystérieuse le maintient en vie, le fait avancer… Cette force est celle d’Hernani, le noble amoureux de Dona Sol, le fugitif, l’éternel banni qui demande à la femme qu’il aime de l’oublier, de vivre sans lui :

Dona Sol, prends le duc, prends l’enfer, prends le roi !

C’est bien. Tout ce qui n’est pas moi vaut mieux que moi !

Je n’ai plus un ami qui de moi se souvienne,

Tout me quitte, il est temps qu’à la fin ton tour vienne,

Car je dois être seul. Fuis ma contagion.

Ne te fais pas d’aimer une religion !

Oh ! par pitié pour toi, fuis ! Tu me crois peut-être

Un homme comme sont tous les autres, un être

Intelligent, qui court droit au but qu’il rêva.

Détrompe-toi ! je suis une force qui va !

Agent aveugle et sourd de mystères funèbres !

Une âme de malheur faite avec des ténèbres !

Où vais-je ? je ne sais. Mais je me sens poussé

D’un souffle impétueux, d’un destin insensé.

Je descends, je descends, et jamais ne m’arrête.

Si parfois, haletant, j’ose tourner la tête,

Une voix me dit : Marche ! et l’abîme est profond,

Et de flamme et de sang je le vois rouge au fond ! [4]

[1]Quatrevingt-treize , III, VII, 5

[2] P252 contemplations

[3] P252

[4]Hernani, Acte III scène IV

Les invités
L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.