Juliette Drouet a le nez « pur » et les yeux « diamantés » ; le front « clair et serein » et les cheveux « noirs abondants »[1]

Le portrait est signé Théophile Gautier, fidèle parmi les fidèles du clan Hugo, qui nous donne ici un aperçu de la célèbre maîtresse de l’écrivain – celle qui fut à ses côtés durant près de cinquante ans.

Drouet est un son nom de scène. Elle est née Gauvin, s’est amourachée du sculpteur Pradier, et a une fille prénommée Claire. Elle vit à Paris de petits contrats de comédienne, mais sa beauté fascine davantage que son jeu… C’est d’ailleurs ce que Victor Hugo remarque la première fois qu’il la rencontre, lors d’un bal, en 1832 :

Tout en elle était feu qui brille, ardeur qui rit (…)

Elle allait et passait comme un oiseau de flamme,

Mettant sans le savoir le feu dans plus d’une âme, (…)

Toi tu la contemplais, n’osant approcher d’elle,

Car le baril de poudre a peur de l’étincelle.[2]

Le coup de foudre a véritablement lieu l’année suivante, lors de la première lecture de Lucrèce Borgia, au théâtre de la porte Saint-Martin, en présence de plusieurs comédiens. Hugo est le nouveau héros de la scène française, il arrive ce jour-là auréolé de la gloire d’Hernani , et aperçoit Juliette qui ne le quitte pas des yeux. Elle décroche le rôle de la princesse Négroni, et tombe rapidement dans les bras du dramaturge. « Le 26 février 1802 je suis né à la vie », écrit-il plus tard,« le 17 février 1833, je suis né au bonheur dans tes bras. La première date, ce n’est que la vie, la seconde c’est l’amour. Aimer, c’est plus que vivre. »[3]

[1] Selon T. Gautier dans « Mademoiselle Juliette »

[2]Les Voix intérieures

[3]Lettre VH du 26 février 1874

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