Victor Hugo jeune
Victor Hugo jeune © Lithographe, 1829. Lithographie BNF/Wikimedia commons / Achille Devéria (1800-1857),
**Tout petit déjà, Victor Hugo rêvait en grand. Sur l’un de ses cahiers d’écolier, il aurait écrit « _Je veux être Chateaubriand ou rien_ », une phrase dont on n’a pas retrouvé la trace, mais à laquelle on a envie de croire. Elle prolonge la légende que l’écrivain s’est lui-même construite : celle du poète au grand front et à la barbe blanche, « _l’homme des utopies_ » qui « _vient préparer des jours meilleurs_ »** Le voici, à 15 ans, rêvant de reconnaissance et de lumière : > O Gloire, ô déité puissante, Accorde à celui qui te chante Une place dans l’avenir ; Gloire, c’est à toi que j’aspire, Ah ! Fais que ton grand nom m’inspire Et mes vers pourront t’obtenir Sous le crâne, c’est déjà la tempête… Le jeune homme est élève au lycée Louis-le-Grand, à Paris. Il travaille, il s’applique, mais une seule chose compte à ses yeux : la littérature. Alors il commence à écrire. En 1817, il participe à un concours de poésie organisé par l’Académie française. Il obtient une mention et même un encart dans les journaux. Mais ce n’est pas assez pour l’adolescent qui réfléchit déjà au théâtre. L’une de ses œuvres de jeunesse a pour titre _Irtamène_ : il s’agit d’une tragédie en cinq actes, écrite en vers !... Suivront une comédie, un opéra comique et l’ébauche d’un premier roman, _Bug-Jargal_ , écrit en quinze jours à peine, pour épater les copains… L’écrivain en herbe ne cache plus ses ambitions.
Son père – général d’Empire – veut l’inscrire à Polytechnique. Le fils négocie : il fera finalement du droit – une discipline qu’il abandonne vite, mais qui restera une passion (tout au long de sa vie, les questions de justice vont constamment nourrir sa pensée). Mais pour l’heure, ses centres d’intérêt se résument à deux mots : lecture et politique. Et si sa mère ne jure que par Voltaire, Hugo, lui, préfère de loin Chateaubriand… A défaut de pouvoir être comme lui – académicien, ministre d’Etat et pair de France -, Hugo va tout faire pour lui ressembler et attirer son attention… Avec ses frères Abel et Eugène, il va par exemple créer sa propre revue royaliste, sur le modèle du journal _Le Conservateur_ , dirigé par son idole… Il en est le rédacteur en chef, et écrit la plupart des articles sous différents pseudonymes… Puis un jour, en 1820, un républicain fanatique assassine le dernier descendant des Bourbons… Hugo prend la plume pour écrire une ode sur _La mort du duc de Berry_ , et Chateaubriand lit le texte… Fasciné par tant son talent, il convoque sans plus attendre celui qu’il nomme déjà : « l’enfant sublime »… Les deux hommes se rencontrent, ils deviennent amis. Chateaubriand invite plusieurs fois Hugo lors de ses déplacements d’ambassadeurs et il est près de lui quand la bataille d’_Hernani_ fait rage… Mais l’auteur du _Génie du christianisme_ se rend vite compte que l’élève dépasse le maître : à partir des années 1830, le chef de file des Romantiques, c’est bel et bien Victor Hugo… > Disparu l’« _enfant sans couleur, sans regard et sans voix_ _Si débile qu’il fut, ainsi qu’une chimère,_ _Abandonné de tous, excepté de sa mère, (…)_ _Cet enfant que la vie effaçait de son livre,_ _Et qui n’avait pas même un lendemain à vivre_ »… ....
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