L’entreprise est de taille et sera menée à bien.

Elle s’inscrit dans le sillon paternel. Le dramaturge anglais (dont on fête à l’époque le tricentenaire de naissance) est l’un des plus anciens frères de pensée de Victor Hugo. Le poète le compte dans le cercle très resserré des « hommes océans » :

Ce Tout dans Un, cet inattendu dans l’immuable, ce vaste prodige de la monotonie inépuisablement variée, ce niveau après ce bouleversement, ces enfers et ces paradis de l’immensité éternellement émue, cet insondable, tout cela peut être dans un esprit, et alors cet esprit s’appelle génie, et vous avez Eschyle, vous avez Isaïe, vous avez Juvénal, vous avez Dante, vous avez Michel-Ange, et vous avez Shakespeare, et c’est la même chose de regarder ces âmes ou de regarder l’océan »[2]

Nous sommes en 1864. Avec la publication de William Shakespeare (qu’il dédie à sa terre d’asile, l’Angleterre), Victor Hugo fait coup double : il célèbre le plus grand dramaturge moderne, et poursuit dans le même temps sa réflexion sur la fonction de l’art – déjà entamée avec Cromwell .

Son amour de Shakespeare a débuté à Reims, avec Charles Nodier… En ce début de XIXe siècle, l’auteur d’Hamlet n’est pas très en vogue, il a même été sévèrement critiqué par les Lumières, (Voltaire notamment)… Il fait partie des « génies outrés » selon Hugo, ceux qui ont la renommée tardive…

[1] WS p54 éd. GF

[2] WS p55

Les invités
L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.