Les manifestations sporadiques pro-Hirak reprennent en Algérie malgré les strictes mesures de confinement, prolongées jusqu'au 13 juin. Depuis le début de la crise sanitaire, les personnalités du mouvement de contestation continuent d'être arrêtées par le régime.

Dans la quasi totalité des préfectures (44 sur 48), les restrictions de déplacement et les couvre-feu sont maintenues jusqu'au 13 juin. En cas de non-respect de ces mesures, les condamnations sont très lourdes. La crise sanitaire exacerbe les difficultés économiques. En pleine dégringolade, les prix du pétrole fragilise le pays. Les tensions sociales menacent de repartir à la hausse.

Le mouvement du Hirak, mis en pause complète par l'épidémie, repart doucement. En Kabylie, plusieurs manifestations, bravant l'interdiction de rassemblement, ont été recensés à l'occasion de l'Aïd el-Fitr, la célébration de la fin du ramadan. A Sétif, mais aussi à Tizi-Ouzou ou à Bourmedes, des membres du Hirak ont organisé des marches en signe de solidarité à l'égard des détenus politiques. Pour maintenir active la contestation, les initiatives se multiplient sur internet, à l'image de l'Union des étudiants algériens libres (UEAL) qui organise des débats nocturnes avec les personnalités engagées du mouvement.

Depuis le début de la crise sanitaire, le rythme d'arrestation des personnalités du mouvement n'a pas faibli. D'après le Comité pour la libération des détenus, une association algérienne, une cinquantaine de personnes serait emprisonnée pour des raisons politiques. Dernière crise en date, un documentaire sur le Hirak « Algérie mon amour », diffusé sur la télévision française, est à l'origine de tensions diplomatiques entre le France et l'Algérie.

Avec nous pour en parler 

Hasni Abidi est un politologue spécialiste du monde arabe. Il dirige le Centre d'études et de recherche sur le monde arabe et méditerranéen (Cermam) de l'université de Genève. Son dernier ouvrage, Monde arabe, entre transition et implosion, a été publié aux éditions Erick Bonnier en juin 2015.

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Les invités
  • Hasni Abididirecteur du Centre d'Etudes et de Recherche sur le Monde Arabe et Méditerranéen, à Genève
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