Au Maroc, le 30 septembre, la journaliste Hajar Raissouni a été condamnée à un an de prison ferme pour "avortement illégal" et "relations sexuelles hors mariage", suscitant une vague d'indignation dans le royaume. Retour sur "l'affaire Hajar" avec Amal Ayouch, actrice franco-marocaine, et l'écrivaine Leïla Tauil.

Au Maroc, la journaliste Hajar Raissouni a été condamnée pour "avortement illégal" et "relations sexuelles hors mariage"
Au Maroc, la journaliste Hajar Raissouni a été condamnée pour "avortement illégal" et "relations sexuelles hors mariage" © AFP / FADEL SENNA

Un responsable de Human Rights Watch (HRW) parle de "jour noir pour les libertés au Maroc". Le 31 août dernier, la journaliste marocaine Hajar Raissouni était arrêtée à la sortie d'un rendez-vous médical, à Rabat, où elle affirme avoir été traitée pour une hémorragie interne. Il y a deux jours, elle et son compagnon ont été condamnés à un an de prison ferme pour avortement illégal et relations sexuelles non-conjugales, considérées au Maroc comme un acte de débauche. Le médecin, lui, a écopé de deux ans de détention. Des condamnations qui interviennent malgré les dénégations de l'accusée, et bien qu'un examen gynécologique - qui lui a été imposé - confirme ses dires. 

Ce verdict a alerté les ONG, parmi lesquelles Amnesty International, qui dénonce un "procès politique" portant atteinte au droit des femmes à disposer de leur corps. En 2018, 14 500 personnes avaient été poursuivies pour débauche dans le pays, tandis que les avortements clandestins continuent de faire des ravages parmi des femmes démunies. Au Maroc, le recours à l'IVG n'est autorisé qu'en cas de mise en danger de la santé de la mère - un projet de loi visant à étendre les cas concernés est bloqué au Parlement depuis trois ans.

Au-delà de cette problématique se dessine aussi, en filigrane, la question de la liberté de la presse. Hajar Rassouini est reporter pour un quotidien indépendant, Akhbar Al Yaoum ; elle avait suivi de près des mouvements de protestation survenus dans le Nord du pays, en 2016 et 2017. Les observateurs estiment que cette condamnation est donc tout sauf un hasard, et qu'elle viserait à intimider les journalistes dissidents. Dans les faits, au Maroc, les arrestations liées à des avortements se font à l'encontre des praticiens, très rarement des patientes, selon HRW.

Lundi 23 septembre, 490 personnalités marocaines ont réclamé, dans un manifeste, l'abolition des lois liberticides sur les moeurs, et la dépénalisation totale de l'avortement. De leur côté, les avocats de Hajar Raissouni ont annoncé souhaiter faire appel de cette condamnation. 

Que révèle ce procès de l'état actuel de la société marocaine, de ses mutations ? On en parle avec Amal Ayouch, actrice franco-marocaine qui a signé la tribune des "490 Hors-la-Loi" ; et Leïla Tauil, professeure à l'université de Genève et auteure de l'ouvrage Féminismes arabes : un siècle de combat. Les cas du Maroc et de la Tunisie.

  • Le bruit du monde... nous emmène au Lesotho, sur les plantations d' "or vert". Par Noé Hochet-Bodin

Dans ce petit royaume africain de moins de deux millions d'habitants, la culture du cannabis médicalisé a été légalisée en 2017. Une décision pionnière sur le continent, qui représente une opportunité pour l'économie du pays. "L'or vert" n'est pourtant pas nouveau au Lesotho, où le peuple Sotho depuis des siècles. Mais le gouvernement, malgré ses investissements, peine à susciter l'enthousiasme des petits producteurs face à cette culture considérée comme coûteuse.

  • Le monde en VO, avec Eva Bettan, qui nous parle de deux premiers long-métrages qui sortent en salle aujourd'hui. 

D'abord un film de la franco-sénégalaise Mati Diop, Atlantique, Grand prix du festival de Cannes. Un récit d'histoire d'amour brisée, sur fond du départ en mer vers l'Europe d'un jeune ouvrier de Dakar : l'immigration racontée en wolof.
Mais aussi Port Authority, réalisé par l'Américaine Danielle Lessovitz : elle raconte l'amour qui unit un jeune homme blanc hétérosexuel, et une femme transgenre noire qui souffrent tous deux de la précarité. 

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