Le 6 octobre, les Portugais se rendront aux urnes pour élire leurs parlementaires. Alors que les socialistes sont au pouvoir et en tête des sondages, c'est l'occasion pour le président Costa de faire le bilan d'une sortie de crise réussie. Analyse avec Yves Léonard, politologue et historien spécialiste du Portugal.

Le Premier ministre portugais, leader et candidat du Parti socialiste Antonio Costa, lors d’un rassemblement de campagne, le 24 septembre 2019
Le Premier ministre portugais, leader et candidat du Parti socialiste Antonio Costa, lors d’un rassemblement de campagne, le 24 septembre 2019 © AFP / PATRICIA DE MELO MOREIRA

Ce dimanche se tiennent les élections qui détermineront le prochain gouvernement de la République parlementaire du Portugal. Le mandat sortant était tenu par la Geringonça, un gouvernement minoritaire composé de socialistes bénéficiant du soutien - sans participation - des deux forces d'extrême-gauche. A leur tête, le président Antonio Costa compte sur le scrutin à venir pour former une coalition majoritaire, lui permettant de gouverner sans ses alliés - sans dépendre d'eux pour passer les législations. Les sondages, cependant, détrompent cet espoir: le parti socialiste est crédité de 37% d'intentions de vote, une avance trop courte sur l'opposition de centre droit (30%).

Aujourd'hui, avec un taux de chômage de seulement 6,2% et une croissance moyenne de 2,4% en 2018, les indicateurs macro-économiques sont très engageants. D'aucuns parlent, en conséquence, de "miracle" portugais. Un bilan à nuancer tout de même, puisque la dette publique reste l'un des plus élevées d'Europe, et le pays reste dans une situation d'incertitude et de fragilité.

Des réussites ternies par un scandale survenu en 2017, qui vient de rattraper le gouvernement socialiste. Il y a un peu plus de deux ans, du matériel militaire avait été dérobé dans un dépôt de Tancos près de Lisbonne, avant d'être retrouvés à une vingtaine de kilomètres. Le 26 septembre dernier, l'ancien ministre de la Défense José Lopez a été le accusé de complicité dans cette affaire, éclaboussant l'ensemble du gouvernement. Un scandale qui a ravivé la méfiance d'une partie de l'électorat socialiste, qui pourrait bien reporter son vote sur l'opposition.

Ce scrutin confirmera-t-il les succès économiques du gouvernement socialiste ? Avec nous pour en parler, Yves Léonard, enseignant à Sciences Po et spécialiste de l'histoire contemporaine du Portugal. 

  • Le bruit du monde nous emmène en Corée du Sud, où la technologie est utilisée pour répondre aux problèmes du troisième âge. Par Frédéric Ojardias

En l'occurrence, ce sont de petites enceintes dont sont équipées par moins de 2100 personnes âgées dans le pays. Une façon de tenir compagnie, mais aussi de donner la possibilité d'émettre des appels d'urgence - qu'i s'agisse de problèmes physiques ou psychologiques. Une façon de réagir face au manque de travailleurs sociaux, dans un pays où une personne âgée sur cinq n'a aucun contact ni activité sociale. 

  • L'Europe, tu l'aimes ou tu la quittes, par Pierre Benazet.

Aujourd'hui, on parle d'un investissement pas si bien placé dans la biomasse aux Pays-Bas. Cette dernière serait, selon une étude, une très mauvaise énergie, encore plus polluante que le gaz ou le charbon... Un coup dur pour le gouvernement.  

En Belgique, c'est l'affaire Dutroux qui est de retour dans le débat public : le criminel, qui purge une peine de perpétuité, a obtenu une expertise psychiatrique pour statuer sur les risques des récidives, s’il devait être un jour éligible à la liberté conditionnelle. 

Et enfin, en Espagne et dans une demi-douzaine d'autres pays, le trafic routier souffre d'une pénurie de chauffeurs - en particulier de femmes et de jeunes.

  • L'édito de Franck Mathevon, sur la situation tunisienne. En pleine saison électorale, la question se pose quant à la Tunisie : A-t-elle vraiment réussi sa transition ? Le processus électoral en cours n’est pas franchement rassurant. Retour sur une campagne houleuse, entachée par l'emprisonnement de l'un des principaux candidats à la succession de Béji Caïd Essebsi, décédé brutalement en juillet dernier.

Programmation musicale : 

Haim - Summer Girl

Donny Hathaway - Little Ghetto Boy

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