Les troupes du président libyen Fayez al-Sarraj ont repris ce jeudi le contrôle de la capitale Tripoli, dont le maréchal Haftar tente de s’emparer depuis avril 2019. Un retournement de situation qui s’explique aussi par le jeu des puissances étrangères, avec l’implication de la Turquie et le recul de la Russie.

Depuis 2011 et la chute du régime de Mouammar Khadafi, la Libye est le théâtre d'une violente guerre civile où deux groupes s'affrontent. Le Gouvernement libyen d’union nationale (GNA) du président Fayez al-Sarraj s'établit à l'ouest. L'armée nationale Libyenne (ANL), dirigée par le maréchal Khalifa Haftar, occupe l'est du pays. La guerre connaît une nouvelle intensité depuis l'assaut des troupes de l'est sur la capitale. Malgré une position de faiblesse depuis plusieurs mois, les dirigeants du GNA ont annoncé ce jeudi avoir « le contrôle total des frontières administratives du Grand Tripoli ».

Ce succès n'est pas indépendant de l'implication des puissances étrangères. Depuis le mois de janvier, la Turquie fournit une aide militaire et humaine au président Fayez al-Sarraj. Les hommes du maréchal Haftar ont été forcés de fuir les abords de la capitale, quelques temps après le retrait de leur soutient, la milice para-militaire « Wagner », envoyée par Moscou. Ces grandes manœuvres militaires sont-elles le signe d'un accord trouvé entre le Kremlin et Ankara pour un partage de la Libye ? Quels rôles jouent l’Égypte et les Émirats Arabes Unis, soutiens du maréchal Haftar ?

C'est dans ce contexte tendu que les pourparlers entre les belligérants libyens devraient reprendre sous l'égide de l'ONU, après trois mois de trêve. Toutes les autres tentatives d'accords se sont soldées par un échec. 

Avec nous pour en parler

Pierre Vermeren est historien et professeur d'histoire contemporaine à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Spécialiste du Maghreb, il publie aujourd'hui "Le Maroc en 100 questions. Un royaume des paradoxes." aux éditions Tallandier.

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  • Pierre VermerenHistorien, professeur d'histoire contemporaine à l'Université Paris I Panthéon-Sorbonne, spécialiste du Maghreb
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