L'épidémie de Cov-2019 continue de se propager, faisant à ce jour plus de 20 000 contaminés, et 425 morts à travers le monde. Une crise qui met à l'épreuve, aussi, le modèle politique et social mis en place par le président Xi Jinping... Analyse avec François Bougon, journaliste spécialiste de la Chine

La Chine face à l'épidémie du coronavirus. Ici une équipe médicale prête à partir pour la province de Hubei, Chine, 5 février 2020
La Chine face à l'épidémie du coronavirus. Ici une équipe médicale prête à partir pour la province de Hubei, Chine, 5 février 2020 © AFP / CAO YANG / XINHUA

Pour la direction du Parti Communiste chinois, l'épidémie est un « test majeur de la capacité et de la gouvernance » du pays. Or les efforts du pouvoir pour contenir la propagation du virus qui s'est déclaré fin décembre sont pour l'instant vains : l'augmentation du nombre de contaminés est, pour l'heure, exponentielle, et 425 personnes en sont décédées. 

Une partie de la population est donc confinée, et le pays pratiquement à l'arrêt, y compris dans ses activités économiques et commerciales. Pourtant la période est cruciale dans l'économie chinoise, puisque le Nouvel An lunaire est propice à une consommation accrue des ménages. Wuhan, foyer de l'épidémie soumis à la quarantaine, est aussi l'un des centres industriels et de recherche majeurs du pays.

Mais la crise interroge aussi le fonctionnement d'un régime politique chinois toujours centré sur la culture du secret. Car sept lanceurs d'alerte avaient interpellé le pouvoir, début décembre, sur ce virus inconnu qui se déclarait à Wuhan - ils avaient été sommés de garder le silence. Il est vraisemblable que si ce signal avait été entendu, la propagation de Cov-2019 aurait pu être endiguée par des mesures sanitaires précoces. 

Trois semaines après la découverte du virus, le gouvernement reconnaît enfin l'ampleur de l'épidémie. Fait rare dans le pays, des voix s'élèvent pour demander plus de transparence. Quitte à remettre en question un système régi par le culte du chef, Xi Jinping. Ce dernier joue maintenant son autorité dans la résolution de la crise...

L'épidémie serait-elle à même d'abîmer les efforts de soft power de Pékin ? 

Avec nous pour en parler

François Bougon est journaliste à Médiapart, spécialiste de la Chine. Il est l'auteur de La Chine sous contrôle : Tiananmen 1989 - 2019 (Seuil, 2019) et Dans la tête de Xi Jinping (2017). 

Le bruit du monde est en Birmanie

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Par exemple, il leur est pratiquement impossible d'accéder à un héritage ; en cas de divorce, c'est la femme qui abandonne maison et enfants... Les associations tentent de faire évoluer les mentalités, surtout du côté des hommes. Pour l'instant, même si le dialogue est plus simple qu'autrefois, c'est un échec, car le député local défend les traditions.

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Le monde à l'envers de Franck Mathevon

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