Malgré les appels de la communauté internationale, le conflit au Haut-Karabakh gagne en intensité. Bien qu'il s'agisse encore un conflit régional sur fond de volonté indépendantistes, les jeux d'alliances des Etats et les différents intérêts des pays voisins vont-ils entraîner une internationalisation des hostilités ?

Manifestation à Paris ce week-end en soutien aux Arméniens du Haut-Karabakh
Manifestation à Paris ce week-end en soutien aux Arméniens du Haut-Karabakh © AFP / Samuel Boivin / NurPhotos

Depuis la fin de l'URSS, la région du Haut-Karabakh, en Azerbaïdjan, est en proie au séparatisme. Région à majorité arménienne, elle a déclaré son indépendance de façon unilatérale dans les années 90 et bénéficie depuis d'une protection de l'Arménie. Si des tensions existent autour de cette région depuis des décennies, elles semblent avoir pris une ampleur hors du commun aujourd'hui, le premier ministre arménien allant jusqu'à déclarer que son pays faisait face "au moment peut-être le plus décisif de son histoire". Pourquoi maintenant ? Quelle étincelle a mis le feu aux poudres ? 

Depuis le 27 septembre, un conflit ouvert oppose les armées arméniennes et azéries autour du Haut-Karabakh. Il est pour l'instant difficile d'évaluer l'étendue des victimes puisque les deux gouvernements communiquent de façon très opaque. Malgré toutes les tentatives de la communauté internationale, notamment du groupe de Minsk (Washington, Moscou et Paris), pour calmer les hostilités, les combats gagnent en intensité et le bilan s'alourdit de jours en jours. Les deux camps semblent déterminés à aller jusqu'au bout pour le contrôle du Haut-Karabakh. 

Parmi les raisons invoquées dans l'intensification de ce conflit : l'implication de la Turquie. Soutenant ouvertement l'Azerbaïdjan, elle est l'unique grande puissance régionale à avoir pris parti de manière aussi nette pour l'un des deux belligérants. Accusée de prendre part au conflit aux côtés des forces azéries, notamment par le biais de mercenaires syriens voire de combattants djihadistes, la participation turque pourrait déclencher un engrenage de jeux d'alliances et entraîner une internationalisation du conflit. Quelles sont les positions des puissances voisines (Russie, Iran, Israël) ? Quel rôle reste-t-il à jouer pour le reste de la communauté internationale ?  

Avec nous pour en parler

  • Thorniké Gordadzé, chercheur à Sciences Po et ex-ministre géorgien de l'intégration européenne

Aussi au sommaire cette émission

  • Le Bruit du Monde est au Haut-Karabakh avec un reportage de Claude Bruillot, notre correspondant à Moscou pour France Inter, qui a roulé jusqu'à la ligne de front, ramenant un récit de voyage aller-retour qui en dit long sur ce conflit
  • Sous les Radars, par Amélie Perrier : Le pèlerinage du Grand Magal au Sénégal ; les luttes LGBT en Birmanie ; en Australie, les diables de Tasmanie en danger à cause d'un cancer contagieux. 
  • Le Monde à l'envers, l'édito de Jean-Marc Four : la nouvelle encyclique du pape "Fratelli Tutti"
  • Le monde selon Trump, par Grégory Philipps : la communication de Donald Trump pendant son hospitalisation due au Covid

Programmation musicale 

  • Gregory PORTER - Everything you touch is gold
  • KELIS - Trick me
Les invités
  • Thorniké GordadzéChercheur à Sciences Po et ex-ministre géorgien de l'intégration européenne
Programmation musicale
  • Kelis
    KelisTrick meLabel : Virgin2004
  • GREGORY PORTEREverything you touch is gold (radio edit)2020
L'équipe
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