Hier, en Irak, les heurts ont atteint une intensité inédite depuis le début des manifestations qui réclament la chute du régime. L'escalade de violence, couplée à des coupures Internet à répétition, fait craindre le pire. Analyse avec Agnès Levallois, vice-présidente de l’Iremmo, spécialiste du Moyen-Orient.

Le gouvernement irakien débordé par la rue
Le gouvernement irakien débordé par la rue © AFP / AHMAD AL-RUBAYE

Le mouvement populaire irakien a commencé de façon spontanée le 1er octobre dernier, et ne montre aucun signe d’apaisement. A Bagdad, les manifestants laissent entendre leur colère depuis la place Tahrir, mais la protestation a aussi gagné l’ensemble des régions chiites. Des actions de désobéissance civile bloquent les routes et infrastructures, paralysant le pays.

Depuis lundi, le nouveaux heurts ont éclaté avec les forces de l’ordre, portant le bilan des victimes à environ 280 morts et des milliers de blessés. Car la répression étatique est dure, entre violences physiques, couvre-feu obligatoire et coupures d’Internet.

Dans l'espoir d'éteindre le mouvement, le Premier Ministre Adel Abdel Mahdi a annoncé hier être prêt à abandonner ses responsabilités si un remplaçant lui est trouvé. De son côté, le président Barham Saleh a promis des élections anticipées ainsi qu’une nouvelle loi électorale, qui devrait être débattue au Parlement la semaine prochaine. 

Rien qui soit à même de convaincre les Irakiens, particulièrement les jeunes générations. Leurs revendications ne s’arrêtent pas au renouvellement du gouvernement : la rue rejette l'intégralité d'une classe politique non-renouvelée, considérée comme incompétente et corrompue, que les citoyens disent à la solde des Iraniens. Ils menacent de poursuivre les manifestations jusqu'à la chute du régime.

Existe-il une possibilité de sortie de crise en Irak ? Avec nous pour en parler, Agnès Levallois, experte sur les questions moyen-orientales, maître de recherches à la Fondation de la Recherche Stratégique et vice-présidente de l'IREMMO

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C’est une véritable crise électrique que traverse le pays sud-américain. Depuis le printemps, des régions entières sont privées d’électricité, jusque seize heures par jour. Un problème que le gouvernement explique par une « guerre » avec les Etats-Unis, tandis que l’opposition accuse un système d'infrastructures mal entretenues… Le problème handicape en tout cas les vénézuéliens dans leur quotidien, et creuse les inégalités sociales - car les plus aisés peuvent se permettre d'acheter leur propre générateur électrique.

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Programmation musicale

Celeste - She's my Sunshine

Nirvana - Come as You are

Les invités
  • Agnès LevalloisMaître de recherches à la Fondation de la Recherche Stratégique et vice-présidente de l'IREMMO. Consultante spécialiste du Moyen-Orient et des questions méditerranéennes, chargée de cours à l'ENA et à Sciences-Po.
L'équipe
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