Véritable catastrophe climatique, les incendies de forêt ravagent l'Australie depuis septembre. Le Premier ministre Scott Morrison, déjà critiqué pour ses positions climato-sceptiques, est fustigé pour son attentisme... Explications avec le chercheur David Camroux, et des témoignages recueillis par Gaële Joly

L'Australie en proie aux flammes, notamment politiques. Photo prise autour de la ville de Nowra, le 31 décembre 2019
L'Australie en proie aux flammes, notamment politiques. Photo prise autour de la ville de Nowra, le 31 décembre 2019 © AFP / SAEED KHAN

Les chiffres provisoires dressent un bilan terrifiant pour l'Australie, qui se consume depuis maintenant plus de quatre mois. Les destructions subies par l'écosystème australien, les pertes humaines et animales sont considérables. On parle de 480 millions d'animaux tués, six millions d'hectares de terres brûlées, 100 000 déplacés... Et des températures qui avoisinent les 50 degrés. Pire, la situation pourrait durer encore des semaines, peut-être jusqu'à la fin de la saison sèche, qui n'arrivera pas avant avril.

Cette crise environnementale interroge aussi, par extension, l'exécutif australien. Au cœur de la polémique, il y a le Premier Ministre, Scott Morrison, très critiqué pour être parti en vacances à Hawaï alors que les feux faisaient rage. Même s'il a reconnu le lien effectué par les scientifiques entre le réchauffement climatique et ces incendies particulièrement virulents, Morrison a refusé de revenir sur la politique pro-industrie du charbon que mène son gouvernement.

La cause écologique divise profondément le camp conservateur, dont Morrison est à la tête - le gouvernement semble donc peiner à gérer cette crise, et pourrait en payer le prix politique lors des prochaines échéances électorales... Car, alors que 60% des Australiens souhaitent plus d'actions étatiques en faveur du climat selon un sondage du Guardian, les travaillistes ont, eux, fait de l'écologie l'un des thèmes centraux de leur campagne, l'an passé.

Avec nous pour en parler

David Camroux est chercheur associé à Sciences-Po CERI (Centre de recherches internationales) : il est spécialiste de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande.  

Nous entendrons également des témoignages recueillis par la journaliste Gaële Joly, qui s'est rendue sur place auprès des déplacés et des pompiers, alors qu'une nouvelle vague de chaleur est prévue vendredi.

Le bruit du monde

est en Autriche, où les œuvres d'art pillées au temps du nazisme sont restituées. Un reportage d'Isaure Hiace

La loi autrichienne dispose, depuis 1998, qu’une commission doit enquêter au sein des collections d’œuvres d’art publiques du pays, pour que les œuvres spoliées par les nazies puissent être restituées. Ce travail de longue haleine se poursuit, vingt ans après, car il faut déterminer la provenance de chaque objet acquis sur la période 1938 - 1945... et certains présentent très peu, ou pas d'indices.

Les invités
Programmation musicale
L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.