La parole des femmes iraniennes semble se libérer sur les réseaux sociaux : le 25 août, un homme a été arrêté suite à une dénonciation d'agression sexuelle sur Instagram. Si le mouvement #MeToo en 2017 avait également été suivi en Iran, c'est en revanche la première fois que leurs paroles sont autant prises au sérieux.

En Iran, les femmes brisent le tabou du viol sur les réseaux sociaux. Ici deux femmes iraniennes.
En Iran, les femmes brisent le tabou du viol sur les réseaux sociaux. Ici deux femmes iraniennes. © AFP / MORTEZA NIKOUBAZL / NURPHOTO

C'est sous le hashtag #ManHam, équivalent en farsi de #MeToo, que les femmes iraniennes brisent le tabou du viol sur les réseaux sociaux. Suite à l'arrestation le 25 août dernier d'un présumé agresseur dénoncé sur Instagram, ce mouvement a pris de l'ampleur : soutenu par des célébrités, artistes et journalistes, la parole des femmes iraniennes semble prise au sérieux et les questions de violences et d'agressions sexuelles ainsi que de harcèlement sont de moins en moins taboues. 

Alors que les associations de défense des droits des femmes et la majorité des revendications féministes en Iran étaient largement réprimés par le gouvernement, que de nombreuses militantes ont fini en prison ou ont été réduites au silence, c'est aujourd'hui la première fois que leurs voix portent et que leurs paroles semblent acceptées dans le débat public. 

Bien qu'il soit très incertain que ces mouvements prennent corps dans la rue ou même que les décisions de justice soient à la hauteur des revendications, #ManHam montre indubitablement une libération inédite de la parole en Iran et s'inscrit dans la lignée des mouvements de protestation nés sur les réseaux sociaux.  

Avec nous pour en parler

  • Azadeh Kian, Professeure de sociologie à l'Université Diderot Paris VII, et Directrice du Centre d'enseignement de documentation et de recherches pour les études féministes (CEDREF). Auteure de Femmes et pouvoir en Islam (2019, Michalon)

Aussi au sommaire cette émission

  • Le Bruit du Monde est en Colombie, avec un reportage de Najeb Benraba sur le fonctionnement de la justice colombienne en temps de Covid-19
  • Sous les Radars, par Amélie Perrier : l'épidémie de coronavirus pourrait bien être une opportunité pour le système éducatif espagnol
  • Le Monde à l'envers, l'édito de Jean-Marc Four : la cacophonie européenne sur le virus est repartie pour un tour
  • Le monde selon Trump, par Benjamin Illy

Programmation musicale 

  • EELS - Baby let's make it real
  • Marvin GAYE - Trouble man
Les invités
  • Azadeh KianProfesseure de sociologie à l'Université Diderot Paris VII, et directrice du Centre d'enseignement de documentation et de recherches pour les études féministes (CEDREF)
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