Au Moyen-Orient, l'annonce du retrait des troupes américaines de Syrie, le 7 octobre, a laissé place à la confusion. On s'attend d'un jour à l'autre à une offensive de la Turquie à la frontière, où se trouvent des populations kurdes. Analyse d'Ahmet Insel, politologue turc et chroniqueur pour le quotidien Cumhuriy.

Manifestation à Qamishli, ville kurde du nord de la Syrie, contre les menaces turques dans la région kurde.
Manifestation à Qamishli, ville kurde du nord de la Syrie, contre les menaces turques dans la région kurde. © AFP / DELIL SOULEIMAN

« Nous sommes en train de quitter la Syrie mais nous n'avons absolument pas abandonné les Kurdes », indiquait cet après-midi le président Donald Trump. Cette déclaration s'inscrit dans la confusion qui a suivi l'annonce, hier, du retrait des troupes américaines à la frontière turco-syrienne. Depuis, Washington parle finalement d'un simple redéploiement qui concernerait 50 à 100 hommes.

Mais L'ONU a indiqué se « préparer au pire » en Syrie, à l'approche d'une offensive turque sur la « zone-tampon », à la faveur du départ américain. Cette zone-tampon est le fruit d'un accord passé entre Ankara et Washington il y a un mois, visant à séparer la Turquie de la milice kurde (YPG) et à lutter contre l'Etat Islamique. Le président Erdogan avait menacé d'intervenir militairement si les résultats de l'opération lui semblaient insatisfaisants : ce devrait être chose faite dans les jours à venir.

Les Etats-Unis n'ont d'abord pas souhaité s'opposer frontalement à l'intervention turque, pratiquant une politique du laisser-faire. Mais ce lundi, le président Trump est revenu en arrière, menaçant la Turquie d' « anéantir son économie » si l'opération militaire devait se tenir. Tayyip Erdogan, face à ces injonctions, campe sur ses positions et a réaffirmé aujourd'hui que les préparatifs en vue de l'attaque étaient achevés. 

Face à ce dénouement attendu, les craintes de la communauté internationale sont centrées sur le devenir de la communauté civile kurde, qui a déjà souffert des frappes aériennes turques en 2018. Les autorités syriennes ont, elles, affirmé leur soutien aux Kurdes, alors qu'ils étaient jusqu'ici très marginalisés dans le pays.
Les observateurs craignent aussi la résurgence d'un Etat Islamique affaibli, dont les cellules dormantes pourraient profiter de la confusion généralisée. 

Quelles pourraient être les conséquences de cette offensive turque en Syrie ? Avec nous pour en parler, Ahmet Insel, politologue et chroniqueur pour le quotidien turc Cumhuriy.

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A la veille du sommet du Fonds Mondial sur la tuberculose, direction l'Inde, où l'on trouve un quart des cas de cette maladie dans le monde. Dans la banlieue de New-Delhi, une association alerte pour lutter contre ce fléau qui tue 400 000 Indiens par an, et détecter les nouveaux cas. Les pouvoirs publics ont mis en oeuvre une politique visant à éradiquer la maladie d'ici 2025, avec des résultats pour l'instant mitigés.

Programmation musicale : 

Ala.ni - Papa

Charles Bradley - Ain't it a sin 

Les invités
  • Ahmet InselPolitologue, chroniqueur dans le quotidien Cumhuriy et auteur de La nouvelle Turquie d'Erdogan : du rêve démocratique à la dérive autoritaire (2017 La découverte)
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