Depuis une semaine, de violents affrontements ont lieu au Sénégal suite à l'arrestation du principal opposant Ousmane Sonko, relâché hier. Au-delà de cette affaire, ce sont la pauvreté et la confiscation de la démocratie par l'élite politique que dénoncent les manifestants.

Sénégal : violents affrontements suite à l’arrestation du principal opposant Ousmane Sonko
Sénégal : violents affrontements suite à l’arrestation du principal opposant Ousmane Sonko © AFP / CHERKAOUI SYLVAIN / ANADOLU AGENCY

Hier, le président du Sénégal Macky Sall a appelé au « calme et à la sérénité » après une semaine de manifestations qui ont secoué l’ensemble du pays. Celles-ci trouvent leur origine dans l’arrestation, le 3 mars dernier, du principal opposant et probable futur candidat aux élections présidentielles de 2024, Ousmane Sonko. Ce dernier a été inculpé dans une affaire de viols présumés, accusation qu’il nie en dénonçant un « complot » organisé par le pouvoir pour le discréditer. Cet appel au calme intervient alors que l’armée a été déployée lundi à Dakar pour faire face aux contestataires et qu’au moins cinq personnes ont perdu la vie dans des affrontements avec les forces de l’ordre. 

Au-delà de l’affaire Sonko, c’est la colère contre la pauvreté qu’a accentuée la crise du Covid-19 mais aussi contre un système politique verrouillé qui s’exprime. Pour de nombreux Sénégalais, c’est d’ailleurs la démocratie toute entière qui est menacée : pour répondre aux contestataires, Internet a été réduit depuis jeudi dernier, et des milices privées sont suspectées d’avoir été embauchées par le gouvernement pour désorganiser les manifestations. Les manifestants craignent également que Macky Sall ne profite de ce tour de vis pour annoncer sa candidature à un troisième mandat présidentiel – bien que la Constitution le limite en théorie à deux mandats consécutifs.

Avec nous pour en parler

Vincent Hugeux est grand reporter et spécialiste de l’Afrique. Il  vient de publier Tyrans d’Afrique. Les mystères du despotisme post colonial aux éditions Perrin.

Le Bruit du monde est en Syrie où les casques blancs sont au service des malades du Covid-19

Tout au long de la guerre en Syrie, les célèbres Casques Blancs avaient pour mission de secourir les civils ensevelis par les bombardements du régime syrien et de son allié russe. À Idlib, l’ultime bastion de l’opposition, ces volontaires doivent aujourd’hui faire face à un nouvel ennemi : le coronavirus

Dans une région qui comptabilise plus de 20 000 cas et près de 400 morts, les Casques Blancs ont pour tâche de transporter les victimes de la pandémie, de l’hôpital jusqu’à leur dernière demeure. Avant, ils déterraient les civils de sous les décombres, désormais ils inhument des corps contagieux.

Un reportage signé Abed Almajed Alkarh et Wilson Fache

Également au programme de cette émission 

  • Sous les radars, la chronique d'Amélie Perrier
  • Pas son genre, par Giulia Foïs
  • Le monde d'après, l'édito de Jean-Marc Four

Programmation musicale 

Lana DEL REY - Chemtrails over the country club

G LOVE / SPECIAL SAUCE - Baby's got sauce

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