Réformer : une nécessité. Mais comment font-ils ailleurs?

Aujourd'hui, près de 12% des professeurs de l'éducation nationale ont répondu à la grève protestant contre la réforme du collège, aussi populaire sous le nom de projet de réforme Vallaud Belkacem, du nom de la ministre de l'éducation nationale.

De vives polémiques ont été ainsi sucitées depuis sa présentation au mois de mars. Visant à supprimer une large partie des classes bilangues et certaines options en latin et grecs, ce projet de réforme a provoqué la colère des enseignants de lettres classiques et d'allemand, ainsi que celle de la droite.

Lors de la mobilisation du 19 mai contre la réforme des collèges.
Lors de la mobilisation du 19 mai contre la réforme des collèges. © MaxPPP

La réforme du collège a fait couler beaucoup d'encre dans la presse française, mais aussi dans la presse internationale. Considéré bon ou mauvais, le projet d'une réforme dite du collège , n'est pas seulement lié à la prise de consicence que l'école doit changer. Ce projet est le reflet d'un sentiment : celui d'écoles qui ne seraient plus adaptées aux enjeux et aux intérêts de la jeunesse, et donc de la société. Car la société évolue, et l'école doit s'y s'adapter, ou, du moins, l'accompagner. Comment ? Là est la vraie question.

Alors que certains disent qu'ils veulent "que ça bouge", et qu'"une réforme vaut mieux que pas de réforme du tout", d'autres sont très hostiles au changement. Ou en tout cas à ce changement précis.

En ce moment, c'est toute l'Europe qui est traversée par une vague de réformes dans son secteur éducatif. La Finlande, qui symbolise le système éducatif parfait, s'apprête elle aussi à lancer une réforme sans précédent : remplacer les "matières" par les "thèmes".

Car nos systèmes sont en effet tous extrêmement différents. Dans les pays scandinaves, les élèves suivent un seul et même cursus entre l'école primaire et le collège. Ils ont une classe et un professeur principal, cependant ils changent de professeurs pour chaque matière, et ce dès la primaire. Ici, comme au Royaume Uni, c'est l'autonomie plus que l'acquisitition des connaissances qui est mise en valeur. Dans les pays germaniques (Allemagne, Suisse, Autriche, Pays-Bas, Luxembourg...) le cursus est très tôt différencié pour chaque élève, contrairement à nos systèmes latins en France, en Italie et en Espagne, qui privilégient un cursus unique en misant beaucoup sur les examens. L'équivalent de nos études profesionnalisantes sont par ailleurs beaucoup plus socialement valorisées en Allemagne qu'en France.

Comment faire évoluer le système éducatif sans donner l'impression de bouleverser les fondamentaux ? Et ces sujets font-ils aussi polémiques dans le reste de l'Europe ?

Ardoise sur les banc de l'école
Ardoise sur les banc de l'école © pixabay

Un jour dans le monde reçoit le sociologue François Dubet , et fera un tour d'europe avec ses correspondants à Londres avec Frank Mathevon , Berlin avec Cyril Sauvageot et Bruxelles avec Quentin Dickinson .

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