Un climat de contestation bouleverse Haïti depuis maintenant des mois, dans le silence médiatique. Sur l'île, les jeunes générations réclament justice sociale et démission de leur président, Jovenel Moïse, qui n'entend pas quitter le pouvoir. Avec nous pour en parler, le romancier haïtien Lyonel Trouillot.

Port-au-Prince, Haïti 10 novembre 2019. Les manifestants se rassemblent au bureau de la Confédération des travailleurs haïtiens (CTH) après avoir conclu un accord pour organiser la transition politique.
Port-au-Prince, Haïti 10 novembre 2019. Les manifestants se rassemblent au bureau de la Confédération des travailleurs haïtiens (CTH) après avoir conclu un accord pour organiser la transition politique. © AFP / Valerie Baeriswyl

Sans verser dans les théories du complot, il y a quelque chose d’écœurant et d’inquiétant dans le silence de la presse occidentale sur la situation haïtienne. 

Ce sont les premiers mots du romancier haïtien Lyonel Trouillot, dans une tribune parue dans l’Humanité il y a quelques semaines. ll y évoque le climat de grande violence qui règne en Haïti, où les protestations durent depuis plus d'un an, mais se sont intensifiées ces dernières semaines à la faveur d'une pénurie historique de carburants. Cette situation fragilise encore le bilan économique et social du pays le plus pauvre d'Amérique. 

Les infrastructures y sont paralysées : écoles fermées, hôpitaux débordés et manque de nourriture sont le quotidien des Haïtiens. A cause de l'escalade de violence, quarante-deux personnes seraient mortes dans les affrontements, dans l'indifférence de la communauté internationale.

Depuis plus d'un an, les Haïtiens sont dans la rue pour demander le départ du président. Mais Jovenel Moïse reste sourd et s’accroche au pouvoir, malgré l'atmosphère de guerre civile qui monte. Si la colère de la population à son égard est si forte, c'est en grande partie à cause de l'affaire de corruption autour du programme PetroCaribe. Près de deux milliards de dollars alloués par le Venezuela, au travers de versements de pétrole prodigués à prix d'ami, auraient été détournés par les pouvoirs publics au lieu de bénéficier au développement du pays... 

Nous en parlons ce soir avec l'écrivain et poète Lyonel Trouillot. Il est en colère et il a raison. 

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Alors que s'ouvre ce soir à Paris le Forum sur la Paix, certains pays, comme le Laos, payent toujours le prix fort, plus de quarante ans après la guerre du Vietnam et les bombardements américains. Le territoire laotien reste le plus pollué au monde par les bombes à sous-munitions. Depuis la fin de la guerre, les accidents liés à ces explosifs ont fait de nombreuses victimes. Aujourd'hui au Laos, plus de 15 000 survivants ont besoin d'une aide à vie, notamment dans les campagnes.

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Programmation musicale

AGNES OBEL - Island of Doom

DIONNE WARWICK - Walk on by

Les invités
  • Lyonel TrouillotEcrivain, poète, journaliste, professeur de littérature française et créole
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