Deux ans après la chute du dictateur militaire Omar el-Béchir, les Soudanais attendent toujours des réformes politiques et économiques. Les "comités de résistance" mis en place pendant la révolution demeurent mobilisés pour défendre ses acquis.

Des soudanais venus de Khartoum arrivent à Atbara, le 19 décembre 2019, pour célébrer le premier anniversaire du soulèvement qui a renversé Omar al-Bashir
Des soudanais venus de Khartoum arrivent à Atbara, le 19 décembre 2019, pour célébrer le premier anniversaire du soulèvement qui a renversé Omar al-Bashir © AFP / ASHRAF SHAZLY

En décembre 2018, les Soudanais se sont mobilisés contre le triplement du prix du pain. Après des mois de manifestations et une terrible répression occasionnant plusieurs centaines de morts, la dictature militaire et islamiste a cédé. La révolte a conduit en avril 2019 au départ d'Omar el-Béchir qui tenait le pays d'une main de fer depuis près de trois décennies.

Deux ans plus tard, les Soudanais ont acquis certaines libertés. Le pouvoir est désormais partagé entre l'armée et un gouvernement civil élu. Ce dernier tente de séculariser progressivement le pays, dont la législation demeure cependant toujours fondée en grande partie sur la loi islamique. 

Pourtant, malgré ces avancées, le Soudan est confronté à une grave crise économique et sanitaire. En février, le pays a dévalué sa monnaie de 85%, provoquant une inflation de 300% ainsi qu'une pénurie de pain et de carburant. Par ailleurs, en dépit de la signature d'accords de paix entre le gouvernement et les groupes rebelles locaux, l'insécurité demeure dans certaines régions comme le Darfour. 

Avec nous pour en parler 

Anne-Laure Mahé est chercheuse à l'Institut de recherche stratégique de l'École militaire (IRSEM) sur l'Afrique de l'Est et spécialiste du Soudan.  

Nous écouterons également le journaliste Eliott Brachet, en direct de Khartoum.

Le Bruit du monde est en Birmanie où la résistance s'organise

La Birmanie s’enfonce dans la guerre, celle de l’armée contre sa propre population. Elle a fait plus de 600 morts, dont une cinquantaine d’enfants, et des milliers de personnes ont été arrêtées. 

Pourtant, les Birmans continuent de se battre. Certains sont toujours dans les rues, d’autres déploient des trésors de créativité pour protester en évitant le bain de sang : chaussures remplies de fleurs pour commémorer les disparus, pancartes, radios clandestines... Partout dans le pays, la résistance s’organise. 

Et ce, en particulier depuis les zones rurales, qui sont sous la protection des groupes armés rebelles de certaines minorités ethniques. À la frontière avec la Thaïlande, ceux-ci sont particulièrement actifs. 

Un reportage signé Carol Isoux

Également au programme de cette émission 

  • Sous les radars , par Amélie Perrier  
  • L'Amérique d'après Trump, par Loïg Loury      

Dans l'Amérique de Joe Biden, un jeune noir a encore été tué par la police. Il s’appelait Daunte Wrigh et a été abattu un peu plus de 15 kilomètres seulement de l’endroit où George Floyd a trouvé la mort. 

  • Le monde d'après, par Claude Guibal 

Programmation musicale 

Paul McCARTNEY - Seize the day

BLACK PUMAS - Fire 

Les invités
  • Anne-Laure MahéChercheure Afrique de l'Est à l'IRSEM (Institut de recherche stratégique de l'Ecole militaire) spécialiste du Soudan
L'équipe
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