Déjà dans une conjoncture économique très difficile, le Liban a officialisé la banque route. L’arrivé du coronavirus ne va pas arranger un contexte social déjà très tendu. Le point avec notre invité, la spécialiste Agnès Levallois.

Manifestation au Liban en octobre 2019
Manifestation au Liban en octobre 2019 © Getty / picture alliance

L’annonce d’une nouvelle taxe a entraînée des manifestations massives parfois d’une extrême violence, faisant plusieurs morts et de nombreux blessés. Malgré la démission du précédent gouvernement en début d’année, les difficultés économiques et sociales -qui ne datent pas d’hier- explosent. 

C’est ce qui a conduit le pays à accuser son premier défaut de paiement de sa dette, qui atteindrait 170% du PIB.

« Entre septembre 2019 et janvier 2020, les produits alimentaires ont enchéri de 19 %.»

Depuis le début du mouvement, on parle de près de 220 000 emplois supprimés. Couplé à ça, une augmentation des prix et une précarisation de l’emploi poussant certains à cumuler plusieurs travail pour survire, le nombre de pauvres est en passe d’exploser dans le pays.

« Hier, un patient m’a demandé s’il pouvait faire un petit boulot à l’hôpital pour rembourser sa facture, comme agent de sécurité ou la plonge. Vous vous rendez compte ? »

Le Liban est touché par le Coronavirus, ayant déjà enregistré 2 morts et 61 cas de contamination. La crise économique précédemment évoquée n’épargne pas les hôpitaux et le système de santé, qui paraissent très mal armé pour faire face à une possible propagation du virus. 

Les scénarios envisagés pour maintenir le pays sur pied ne seront pas facilités par ce que l’on peut désormais nommer une pandémie.

Avec nous pour en parler

 Agnès Levallois est spécialiste du Moyen-Orient, vice-présidente de l'iReMMO, (Institut de Recherche et d'études Méditerranée Moyen-Orient), chargée de cours à l’ENA et à Science Po.

Le bruit du monde ce soir

Benjamin Delille nous emmène au Venezuela, dans une petite école d’un quartier très populaire de Caracas. Beaucoup d’enfants sont délaissés par leurs parents ayant étaient forcés d’émigrer à cause de la crise économique. Face la défection de l’Etat qui nie cette crise migratoire, ce sont les associations qui s’activent.

Les invités
  • Agnès LevalloisMaître de recherches à la Fondation de la Recherche Stratégique et vice-présidente de l'IREMMO. Consultante spécialiste du Moyen-Orient et des questions méditerranéennes, chargée de cours à l'ENA et à Sciences-Po.
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