En Algérie, les cinq candidats adoubés pour la présidentielle du 12 décembre sont d'ex-ministres d'Abdelaziz Bouteflika... En signe de protestation contre la persistance de cet ancien régime, les manifestations (hirak) se poursuivent chaque vendredi. Analyse avec le militant Tahar Zaid et l'historienne Sophie Bessis.

Des manifestants algériens défilent à Alger pour protester contre le gouvernement, le 8 novembre 2019.
Des manifestants algériens défilent à Alger pour protester contre le gouvernement, le 8 novembre 2019. © AFP / RYAD KRAMDI

« Des élections sans le peuple », « Qu'ils dégagent tous ».

Ce sont quelques-uns des slogans qui animent le hirak, cette série de manifestations qui réunit les Algériens contre le pouvoir en place toutes les semaines. Vendredi dernier, c'était la trente-huitième fois qu'une marche de protestation était organisée, dans la capitale algéroise et ailleurs, pour réclamer la chute du régime et la libération des prisonniers politiques. Preuve que la colère citoyenne n'est pas retombée, faisant écho à celle qui soulève les peuples au Liban, en Argentine ou à Hong-Kong. 

Ce qui anime les manifestants, c'est la perspective du scrutin présidentiel qui leur est imposé le 12 décembre prochain. Ces élections, qui se tiennent sous le joug de l'état-major de l'armée, sont vues par les citoyens comme un simple moyen de reproduire le système. En effet, les cinq candidats adoubés par le Conseil Constitutionnel sont représentatifs de l'ancienne garde : tous sont d'anciens ministres d'Abdelaziz Bouteflika, qui a gouverné pendant plus de vingt ans. Au mois de mars, très malade et affaibli, ce dernier avait démissionné sous la pression de la rue...

Alors que la campagne électorale commencera officiellement le 17 novembre, c'est Abdelmadjid Tebboune, 74 ans, qui est donné favori. Il a été ministre à plusieurs reprises, et wali (préfet). Mais le plus grand parti du pays, c'est sans conteste celui des abstentionnistes - pas forcément par désintérêt pour le politique, mais comme véritable voie de la contestation, de la remise en cause du régime.

La manifestation est-elle le seul moyen pour les Algériens de faire entendre leur voix, à l'approche du scrutin ? « Un jour dans le monde » en parle ce soir avec Tahar Zaid, algérien membre du collectif ACDA, Agir pour le Changement et la Démocratie en Algérie ; et Sophie Bessis, historienne et journaliste, spécialiste du Maghreb.

  • Le bruit du monde est en Guinée et à Paris, à l'occasion d'un sommet sur l'immigration. Un reportage de Raphaël Krafft

L'Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) et l'Union Européenne se concertent dans le but de limiter l'immigration irrégulière vers les territoires européens. Les moyens employés sont divers : formation des garde-frontières africains, équipement en appareils biométriques, appels de pied à l'égard des gouvernements africains pour qu'ils durcissent leur législation. Mais l'usage du soft power est aussi en vigueur. Les deux organisations cooptent les artistes africains pour qu'ils participent de la sensibilisation des migrants aux dangers de la migration irrégulière, promouvant aussi un discours patriotique...

Programmation musicale

The BLACK KEYS - Sit around and Miss You

FOOL'S GOLD - Surprise Hotel 

Les invités
  • Tahar ZaidMembre du collectif ACDA (Agir pour le changement et la démocratie en Algérie)
  • Sophie BessisHistorienne et journaliste franco-tunisienne
L'équipe
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