La crise migratoire atteint son paroxysme sur l'île grecque de Lesbos. Dans un camp supposé accueillir 2800 réfugiés, ce sont 20 000 personnes qui survivent dans des conditions déplorables et un climat social de plus en plus hostile envers eux... Analyse avec Catherine Wihtol de Wenden, spécialiste des migrations

Grèce : Lesbos, au bord de l'implosion. Photo prise lors d’une manifestation de réfugiés et de migrants devant le camp de Kara Tepe, sur l’île de Lesbos, Grèce, 3 février 2020
Grèce : Lesbos, au bord de l'implosion. Photo prise lors d’une manifestation de réfugiés et de migrants devant le camp de Kara Tepe, sur l’île de Lesbos, Grèce, 3 février 2020 © AFP / MANOLIS LAGOUTARIS

La semaine passé, de violents heurts ont éclaté entre les forces de l'ordre et quelques centaines de migrants, venus dire leur colère face à des conditions d'existence devenues inhumaines, au camp de la Moria. Aux cris de « Freedom », ils plaidaient pour que leur demande de droit d'asile soit examinée plus rapidement. Au camp, certains restent des années dans l'espoir d'une réponse. 

Les jours qui ont suivi ont vu une recrudescence de la violence des résidents grecs à l'égard des réfugiés, prenant même la forme de chasses à l'homme. Si les tensions qui se dessinent ne sont pas nouvelles, elles prennent un tournant inquiétant.

Depuis quatre ans, l'île est devenue le lieu d'accueil de migrants venus échapper aux conflits africains et moyen-orientaux. La Grèce, devenue première porte d'entrée vers l'Europe, voit affluer 74 000 personnes par an, accueillies sur cinq îles de la mer Égée.

Surpeuplés, les camps offrent un quotidien déplorable - insalubrité, pas d'eau courante, manque de soins et de nourriture... Pour des migrants ayant en grande majorité fui des situations fortement traumatiques, ces conditions de survie ne font qu'aggraver les souffrances.

Face à la crise, le gouvernement de Kyriákos Mitsotákis, élu sur la promesse de durcir les lois migratoires, a pris un virage très à droite. L'exécutif évoque la possibilité d'une barrière flottante en Méditerranée, ainsi que la construction prochaine de camps fermés, aux allures de prison, sur la côte...

Avec nous pour en parler

Catherine Wihtol de Wenden est politologue, chercheuse au CNRS, spécialiste des questions migratoires. Elle est l'auteure de Géopolitique des migrations (2019) et de La question migratoire au XXIème siècle (2017).

Nous entendrons également Angélique Kourounis, correspondante de Radio France à Athènes, qui s'est rendue à Lesbos au mois de décembre dernier et nous décrira les conditions d'existence qui y règnent. 

Le bruit du monde est en Hongrie

où la communauté Rom continue de subir de fortes discriminations. Un reportage de Florence La Bruyère

Les Roms représentent 8% de la population hongroise. Ils sont sédentaires depuis des siècles et parlent la langue nationale. Pourtant, ils continuent à subir le racisme à l’école, sur le marché du travail… Soixante jeunes, victimes de ségrégation scolaire dans une commune du Nord du pays, ont été indemnisés par la justice ; mais le premier ministre Viktor Orban remet en cause cette décision, attisant les tensions ethniques…

Dans la petite commune de Gyöngyöspata,, la commune en question, le climat est très tendu, entre les Roms indignés par les propos d'Orban, et les habitants jaloux de la somme de 4000 euros qu'empocheraient les victimes...

Le monde à l'envers de Cyril Sauvageot

En Syrie, alors que les combats se poursuivent dans la région d'Idlib, le gouvernement turc menace de faire usage de la force contre les djihadistes si ces derniers refusent de respecter le cessez-le-feu censé mettre fin aux violences. Et de faire savoir sa volonté de « frapper Damas partout » sur le territoire. En réalité, Erdogan n’a pas les mains libres en Syrie… Beaucoup moins qu’il ne veut le faire croire.

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