Suite à des élections controversées où Evo Morales avait accédé à un quatrième mandat, les Boliviens sont descendus dans la rue pour dire leur colère. Le président a été contraint hier de démissionner et de quitter le pays. Analyse avec Christine Delfour et Hugo José Suarez, chercheurs spécialistes de la Bolivie.

Bolivie : l'après Evo Morales
Bolivie : l'après Evo Morales © Getty / Hector Vivas / Intermittent

Je reviendrai bientôt.

Ce sont les mots, ou plutôt la promesse formulée par le président démissionnaire bolivien, Evo Morales, depuis le Mexique où il s'est exilé. Pourtant, ce matin, la sénatrice de l'opposition Jeanine Añez s'est auto-proclamée sa successeure par intérim, en l'absence de quorum législatif. La femme politique de droite a argumenté l'instabilité qu'engendrerait la vacance de pouvoir, dans un pays en grave crise. Elle devra convoquer, dans les quatre-vingt-dix jours à venir, une nouvelle élection. 

Dans la nuit de lundi à mardi, Evo Morales avait dû fuir le pays qu'il gouvernait, avançant que sa vie y était en danger, suite notamment à des dégradations de sa résidence. Il a donc rejoint le Mexique, qui lui a accordé l'asile politique pour « raisons humanitaires ». Une décision qui fait suite à sa démission de la présidence, laissant la place vacante - nombre de ses ministres lui ont d'ailleurs emboîté le pas. Un véritable séisme politique dans un pays qu'il a gouverné pendant quatorze ans, bénéficiant d'abord une forte popularité, avant qu'une lassitude croissante de la population s'installe face à un pouvoir inchangé.

Ce sont les élections du 20 octobre qui ont embrasé le pays, le parti au pouvoir étant accusé d'irrégularités, voire de fraudes au cours du scrutin. L'organisation d'un nouveau vote avait donc été prévue pour le 10 novembre, sans pour autant apaiser la contestation sociale. Alors que la violence a gagné les rues de la capitale, le départ du président n'a rien apaisé. La police se dit « dépassée » par les émeutes, et le climat est chargé de tensions : élus indigènes humiliés sur la place publique, bâtiments brûlés... Le bilan des heurts post-électoraux est estimé à neuf morts.

Peut-on espérer une résolution de crise en Bolivie ?  Avec nous pour en parler : 

Christine Delfour, professeure spécialiste en civilisation espagnole et latino-américaine à l'Université Paris-Est - Marne-la-Vallée

Hugo José Suarez, sociologue et chercheur bolivien à l'Université de Mexico (UNAM), invité à l'Institut des Hautes Etudes de l'Amérique Latine (Université Paris III)

  • Le bruit du monde nous emmène auprès d'une coopérative de femmes, en Bosnie. Un reportage de Louis Seiller

Dans la région de Gorazde, de petits villages, comme Ustikoline, gardent encore les traces des conflits des années 1990, où les forces serbes avaient occupé les lieux. Là-bas, grâce au mouvement Slow Food, d'anciennes réfugiées serbes et bosniaques ont fondé une coopérative, Emina, qui prépare des recettes locales et vend des fruits de la région. Et l'initiative marche bien, dans un contexte difficile marqué par le chômage et la précarité : leurs produits se vendent dans certains supermarchés et suscitent l'intérêt des touristes.

  • Le Monde en VO d'Eva Bettan

Nous parlons aujourd'hui d'un film tunisien, Noura rêve, de la réalisatrice Hinde Boujemaa. Dans ce long-métrage, on suit le parcours de Noura, incarnée par la star du cinéma arabe Hend Sabri. Elle travaille à la lingerie d'un hôpital, son mari est en prison. Elle a pris un amant, et alors qu'elle aimerait divorcer, son mari est remis en liberté plus tôt que prévu et reprend sa place dans le foyer...  Un film qui parle de la Tunisie post-printemps arabe, où un contrôle moral et social continue de peser sur les femmes - avec en toile de fond la loi qui condamne à la prison les couples adultérins.

Programmation musicale

Jorja Smith, Burna Boy - Be Honest

Donovan - Sunshine Superman

Les invités
  • Christine DelfourProfesseur des Universités à l'Université Paris-Est-Marne-la-Vallée en civilisation espagnole et latino-américaine contemporaines
  • Hugo José SuarezSociologue bolivien, chercheur à l’Université nationale autonome du Mexique. Chercheur invité à l’Institut des Hautes études de l’Amérique latine - Paris III Sorbonne Nouvelle
L'équipe
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