La révolution tunisienne de 2010-2011 ou révolution de jasmin ourévolution de la dignité débute le 17 décembre 2010après l'immolation par le feu d'un jeune vendeur ambulant de fruits et légumes, Mohamed Bouazizi , dans la ville de Sidi Bouzid , dont la marchandise avait été confisquée par les autorités. S'ensuivent quatre semaines continues de manifestations qui s'étendent à tout le pays, et ce malgré la répression, amplifiées par une grève générale. Elles conduisent à la fuite de Zine el-Abidine Ben Ali , président de la République depuis 1987, vers l'Arabie saoudite le 14 janvier 2011 .

Suite au départ de Ben Ali, le Conseil constitutionnel désigne le président de la Chambre des députés comme président de la République par intérim. Cela ne met pas fin à la crise pour autant, huit ministères contrôlés par le parti de Ben Ali ainsi que le Rassemblement constitutionnel démocratique (RDC) étant contestés par l'opposition et les manifestants. Le 9 mars, un nouveau gouvernement, dirigé par Beji Caïd Essebsi, est nommé, et le RDC dissous. Entre mars et avril, le processus de transition démocratique est progressivement défini sous la houlette de la Haute instance pour la réalisation des objectifs de la révolution : la création d'emplois, plus de libertés et la démocratie.

Bien que cette révolution soit considérée comme essentiellement non-violente, elle a tout de même fait envion 338 morts et 1274 blessés .

Aujourd'hui, cinq après, la Tunisie est considérée comme un modèle de transition démocratique réussi . Est-ce pour cette raison qu'elle a été victime le 24 novembre dernier d'une attaque terroriste sur un bus de la sécurité présidentielle à Tunis qui a fait 12 morts ? Quel parallèle peut-on établir entre la remise du Prix Nobel de la Paix 2015 saluant le processus démocratique en Tunisie et les six étudiants condamnés pour "pratiques homosexuelles" ainsi que les trois artistes en prison pour consommation de drogue ? Quel bilan peut-on dresser cinq après le début de la révolution ?

Pour faire le bilan de ces cinq années, les invités de Nicolas Demorand sont Larbi Chouikha , universitaire tunisien spécialiste des médias et militant des droits humains, et Thierry Bresillon , correspondant de Rue89 en Tunisie.

la tunisie, pionnière du printemps arabe
la tunisie, pionnière du printemps arabe © reuters
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