Le 22 février, cela fera exactement un an que les Algériens descendent dans la rue chaque vendredi, pour protester contre le régime. Malgré le changement d'exécutif, la mobilisation n'a pas cessé... Quel est le bilan de ces douze mois de protestation ? Analyse avec Hasni Abidi, politologue spécialiste de l'Algérie

L'Algérie, un an après le début du Hirak. Ici, des manifestants protestent contre le gouvernement Algérien, Alger, 17 février 2020
L'Algérie, un an après le début du Hirak. Ici, des manifestants protestent contre le gouvernement Algérien, Alger, 17 février 2020 © AFP / BILLAL BENSALEM / NURPHOTO

Dimanche, des milliers de personnes ont défilé à Kherrata, berceau de la contestation, pour célébrer l'anniversaire d'une mobilisation historique. Le Hirak est d'abord né de la colère collective contre une classe politique inchangée, considérée comme poussiéreuse et corrompue. Il est devenu un véritable mouvement, populaire et pacifique.

Le point de départ, c'était un président Bouteflika fantomatique et gravement malade, qui avait fini par se retirer sous la pression de la rue, en avril dernier. Mais cette démission n'a pas tari les velléités de changement démocratique du peuple algérien, qui a continué de se réunir pour protester, tous les vendredi. 

La tenue d'élections massivement boycottées au mois de décembre, qui ont porté au pouvoir A. Tebboune, énième représentant de l'ancienne garde du régime, a galvanisé à nouveau le Hirak. Le chef de l'Etat espère réussir à tendre la main aux manifestants.

Que retirer, alors, de ces 52 vendredi de colère et d'espoir, à Alger et ailleurs dans le pays ? On en retient, déjà, un mouvement qui a trouvé son originalité dans l'humour, si souvent mobilisé par les manifestants, et par un usage stratégique des réseaux sociaux, pour mobiliser et se rassembler, libérer la parole politique.

A quoi ressemblera l'an II du mouvement ? 

Avec nous pour en parler

Hasni Abidi est politologue, spécialiste du monde arabe. Il est directeur du Centre d'études et de recherche sur le monde arabe et méditerranéen (CERMAM) à Genève, et professeur invité à l’Université Paris XIII. Il est l'auteur de Moyen-Orient: le temps des incertitudes (Erick Bonnier Editions, 2018).

Le bruit du monde est à Cuba

où le manque de pétrole engendre une crise alimentaire majeure. Un reportage de Romane Frachon

L’île fait face à une grave pénurie de pétrole, suite aux mesures d’embargo décidées par l’administration Trump. Le mois dernier, le pays fonctionnait avec 62% du carburant qu’il utilise normalement… Cette crise affecte notamment la production agricole, provoquant une véritable crise alimentaire. 

Face au manque de carburant, certains paysans, comme dans la province de Mayabeque, doivent recourir à des méthodes alternatives – en remplaçant par exemple les tracteurs par des bœufs… 

Le Cinéma en VO d'Eva Bettan

Avec Lettre à Franco, un film d'Alejandro Amenábar.

Le réalisateur hispano-chilien évoque les années les plus noires de son pays d’origine : la guerre civile. Il raconte le Franco des débuts, taiseux peut-être mais habitué des guerres, inspirant la crainte. Au point de finir par prendre l’ascendant sur les autres membres de la junte. Les libertés diminuent, les arrestations se multiplient….

Le film raconte aussi l’histoire de Miguel de Unamuno, l’un des plus grands auteurs espagnols de l’époque. D’abord soutien de l’insurrection militaire, il fait volte-face en prononçant au péril de sa vie un discours d’opposition radicale, devenu mythique.

Programmation musicale

  • Billie Eilish - Everything I Wanted
  • Susheela Raman - Trust in Me
Les invités
  • Hasni Abididirecteur du Centre d'Etudes et de Recherche sur le Monde Arabe et Méditerranéen, à Genève
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