L'ancien président Lula vient d'être libéré provisoirement, et a été accueilli comme un sauveur dans son fief. Alors que Jair Bolsonaro traverse une période trouble au pouvoir, peut-il être fragilisé par le retour de son rival ? Analyse avec Christophe Ventura, chercheur spécialiste de l'Amérique Latine à l'IRIS.

Brésil : Lula libéré, une menace pour Bolsonaro ?
Brésil : Lula libéré, une menace pour Bolsonaro ? © AFP / MIGUEL SCHINCARIOL

Dimanche dernier, Lula a prononcé son troisième discours depuis sa libération de prison le 9 novembre - après une détention d'un an et demi pour des faits de corruption. Il n'a pas purgé la peine initiale, fixée à huit ans et dix mois, bénéficiant d'un arrêt de la Cour Suprême qui permet la remise en liberté des condamnés en appel qui n'ont pas épuisé tous les recours judiciaires. Mais il est encore dans l'attente d'une série de jugements et demeure inéligible. 

L'ancien chef de l'Etat a été accueilli devant la prison de Curutiba par la liesse des militants du Parti des Travailleurs (PT), la force politique de gauche dont il a été le leader. Il a tout de suite endossé son rôle de tribun, affirmant sa volonté de retour sur la scène politique et de « continuer à lutter pour améliorer la vie du peuple brésilien ». En effet, sa candidature aux présidentielles de 2018 avait été invalidée par les accusations de corruption à son encontre : mais le « fils du Brésil » semble nourrir l'ambition de devenir l'incarnation de l'opposition au président Jair Bolsonaro. 

Extrêmement populaire parmi les sympathisants de gauche, notamment du fait de ses actions contre la pauvreté dans le pays, son premier défi est de raviver un PT affaibli. Mais Lula pourrait se heurter aux réticences des groupes de pouvoir militaires et évangéliques, qui ont encore gagné en influence sous la présidence en cours - et à la désillusion face à un pays en grave crise sociale et économique .

Ce retour en grâce pourrait en tout cas être un coup dur pour Bolsonaro, que Lula a déjà critiqué avec virulence dans les trois discours prononcés depuis sa sortie. Le chef de l'Etat, qui a été blessé récemment, est sous pression de l'Etat-major militaire, et en froid avec les lobbys évangéliques. Sa popularité est en chute libre - passée de 57% en début de mandat à moins de 41% en août dernier - y compris au sein de son propre camp...

Que faut-il attendre de ce rebondissement politique, qui pourrait reconfigurer l'offre partisane au Brésil ? Avec nous pour en parler, Christophe Ventura, chercheur à l'Institut des Relations Internationales et Stratégiques (IRIS), spécialiste de l'Amérique Latine.

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