Un lanceur d'alerte chinois a fait parvenir au New York Times des documents officiels émis par Pékin. Ils décrivent les violences et l'internement massif subis par la communauté ouïghour, majoritairement musulmane. Explications avec Dilnur Reyhan, sociologue et présidente de l'Institut Ouïghour d'Europe.

Un homme ouïghour devant la mosquée Id Kah à Kashgar, dans la province du Xinjiang dans le nord-ouest de la Chine
Un homme ouïghour devant la mosquée Id Kah à Kashgar, dans la province du Xinjiang dans le nord-ouest de la Chine © Getty / SOPA Images / Contributeur

Soyez sans pitié.

Les documents publiés par le New York Times samedi révèlent ces mots prononcés par le président Xi Jinping, à propos du sort réservé aux Ouïghours chinois. Des dizaines de discours et de notes internes, sur 403 pages, mettent au jour la stratégie du gouvernement à l'égard de cette communauté en grande partie musulmane, majoritaire dans la province autonome du Xinjiang, au nord du pays. 

S'appuyant sur le prétexte d'attentats perpétrés en 2014 par des extrémistes ouïghours, Pékin a mis en place des instances de contrôle permanent de cette ethnie : collecte des données biométriques, caméras, interrogatoires... C'est dans le cadre de ces mesures que plus de mille camps d'internement et de « rééducation politique » ont été construits, en dehors de tout cadre institutionnel. On y oblige les détenus, qui sont soumis au travail forcé et à la torture, à renoncer à leur culture musulmane. Entre 1 et 3 millions de Ouïghours auraient subi cette politique.

La répression envers les Ouïghours est signalée par les ONG, comme Amnesty International ou Human Rights Watch, depuis plusieurs années. Mais les réactions de la communauté internationale se sont intensifiées ces derniers mois. Le prix Sakharov de l'Union Européenne a été décerné cette année à Ilham Touti, intellectuel ouïghour interné en Chine. Et une vingtaine de pays-membres de l'ONU a réclamé, fin octobre, la fin des camps d'internement. 

Notre invitée ce soir est Dilnur Reyhan, sociologue et professeure à l'Université Libre de Bruxelles et à l'INALCO. Elle préside l’Institut Ouighour d’Europe et le comité de rédaction de la revue Regard sur les Ouïghour-e-s. Dans une tribune publiée par Libération et co-signée par Raphaël Glucksmann, elle dénonce « l'effacement d'un peuple » par le pouvoir chinois.

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Les invités
  • Dilnur ReyhanSociologue à l'Université Libre de Bruxelles, enseignante à l'INALCO. Présidente de l'Institut Ouïghour d'Europe et directrice de la revue Regard sur les Ouïghour-e-s
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