Sixième jour de contestation populaire en Iran, suite à une hausse du prix de l'essence. Les manifestants sont réprimés dans le sang par le pouvoir, avec la bénédiction de l'ayatollah Khamenei, et le calme semble revenir. Explications avec Mariam Pirzadeh, journaliste pour France 24 et ancienne correspondante en Iran.

Des manifestants iraniens protestent contre l’augmentation du prix de l’essence, à Ispahan, le 16 novembre 2019.
Des manifestants iraniens protestent contre l’augmentation du prix de l’essence, à Ispahan, le 16 novembre 2019. © AFP / AFP

Ce matin, les Gardiens de la Révolution se félicitaient de l'intervention « rapide » des forces armées face aux « émeutiers ». Alors que le mouvement a commencé le 15 novembre dernier, il semble que la contestation soit déjà sur le point de s'éteindre. En cause, la répression sans précédent exercée par le gouvernement sur les manifestants. 

La contestation a été embrasée par une hausse de 50% du prix de l'essence, perçue comme injuste. Pourtant, cette mesure se voulait redistributive : il s'agissait de reverser les bénéfices aux familles les plus pauvres. Mais elle aggrave encore l'inquiétude des Iraniens, qui voient le coût de la vie augmenter dans un pays en récession, sous le coup de nouvelles sanctions américaines. Les slogans scandés par les manifestants déplorent aussi la mauvaise gestion du pays, la corruption qui y règne, le pouvoir de l'ayatollah Khamenei.

En réaction, une partie du gouvernement a souhaité revenir sur la mesure-polémique. Mais la réponse a surtout été une violente répression, à laquelle s'est ajoutée une coupure intégrale d'Internet dans le pays, isolant la population du reste du monde. Amnesty International estime, dans un rapport alarmant, qu'au moins 106 personnes ont été tuées par les forces de l'ordre, et plus d'un millier de manifestants arrêtés. 

Réagissant à cette situation inquiétante, l'Organisation des Nations Unies et l'Union Européenne ont appelé à un rétablissement de la connexion Internet et à « éviter le recours à la force ». Face à cette violence à huit-clos, la population iranienne saura-t-elle faire entendre ses revendications ? Avec nous pour en parler, Mariam Pirzadeh, journaliste chez France 24, ancienne correspondante en Iran.

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