« Nous sommes en guerre », déclarait hier le président chilien Sebastian Piñera. Le pays est soulevé par de violents heurts qui ont déjà causé la mort de onze personnes. Analyse avec Cécile Faliès, chercheuse en géographie sociale spécialiste du Chili, et Justine Fontaine, correspondante à Santiago pour Radio-France.

De nouveaux affrontements ont éclaté à Santiago, au Chili, le 20 octobre 2019
De nouveaux affrontements ont éclaté à Santiago, au Chili, le 20 octobre 2019 © AFP / MARTIN BERNETTI

Le Chili n’avait pas connu de telles émeutes depuis des décennies. Ce qui a mis le feu aux poudres, c’est l’augmentation du prix des titres de transport - passant de 800 à 830 pesos (l’équivalent d’un 1,04 euro). Le métro charrie chaque jour trois millions d’usagers dans la capitale, Santiago, étendue et fortement polluée, où un quart de la population du pays réside. 

En dépit d’un rétropédalage du gouvernement sur cette mesure annoncée le 6 octobre, la colère ne s’est pas apaisée. C'est aussi parce que les tensions sociales semblent profondément enracinées dans un pays au développement croissant, mais où les inégalités socio-économiques sont très marquées. Le système éducatif et de santé y est presque entièrement privatisé, ce qui hausse le coût de la vie. 

Les manifestations, initiées début octobre par les lycéens et étudiants santiagois, ont basculé dans la violence vendredi dernier. L’incendie volontaire d’une usine de vêtements dans le nord de la ville a provoqué la mort de cinq personnes, portant à onze le nombre de victimes.

En réponse, les pouvoirs publics ont déployé neuf-mille soldats dans la capitale pour maintenir l’ordre ; l'état d'urgence, décrété vendredi soir à Santiago, a été étendu aux grandes villes du Nord et du Sud. Les chars qui défilent dans les rues de la capitale ravivent pour les habitants le souvenir de la dictature d’Augusto Pinochet, qui a pris fin il y  a maintenant vingt-cinq ans mais dont le legs est encore présent. 

Peut-on espérer un dénouement sans violence à la crise sociale qui traverse le Chili ? Avec nous pour en parler, Cécile Faliès, géographe spécialiste du Chili, et Justine Fontaine, correspondante à Santiago pour Radio-France.

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La prima ballerina assoluta, qui avait grandement contribué à l'accessibilité et au rayonnement international du ballet chilien, s'est éteinte à l'âge de 98 ans. A la Havane, des hommages émus lui ont été rendus et trois jours de deuil national ont été décrétés - occultant les accusations récurrentes de racisme à l'égard de la danseuse.

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Aux Etats-Unis, le président a du renoncer à un projet qui lui avait attiré de nombreuses critiques : organiser le sommet du G7, en 2020, dans un hôtel- club de golf - le luxueux Doral Resort, à Miami. Ce qui soulève un problème de conflit d'intérêt, puisque cette propriété lui appartient... C'est pourquoi cette proposition a été retoquée aussi bien par ses adversaires démocrates que par le camp républicain, suscitant la colère du chef de l'Etat.

Programmation musicale :

Tamino - Crocodile

The Temptations - Ain't too proud to beg

Les invités
  • Cécile FalièsChercheuse en géographie sociale, spécialiste des questions de développement et du Chili
  • Justine FontaineCorrespondante Radio-France au Chili
Programmation musicale
L'équipe
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