En Algérie, les procès contre les militants du Hirak se poursuivent cette semaine, après la condamnation du journaliste Khaled Drareni à deux ans de prison ferme. Un signal alarmant quant au durcissement du régime conduit par le président Tebboune...

Des Algériens brandissent une banderole portant le portrait du journaliste Khaled Drareni lors d'un rassemblement pour protester contre son emprisonnement le 14 septembre 2020.
Des Algériens brandissent une banderole portant le portrait du journaliste Khaled Drareni lors d'un rassemblement pour protester contre son emprisonnement le 14 septembre 2020. © Maxppp / Billel Bensalem / APP

Reprise des procès en Algérie après la condamnation, le 15 septembre, du journaliste Khaled Drareni à deux ans de prison ferme pour "incitation à attroupement non-armé" et "atteinte à l'unité nationale" - ce sont les peines les plus lourdes prononcées contre des journalistes depuis l'indépendance du pays. Cela s'inscrit dans un mouvement global de sanction envers le Hirak, dont une cinquantaine de militants au moins sont en prison.

Le Hirak, mouvement de contestation populaire revendiquant plus de droits démocratiques, est né en février 2019 et a poussé des milliers de jeunes algériens dans la rue, conduisant à la démission du président Bouteflika deux mois plus tard. Depuis, son successeur Abdelmadjid Tebboune multiplie les arrestations contre les militants du Hirak, les accusant bien souvent d'être sous l'influence d'une "puissance étrangère" - sous-entendu la France. 

Malgré la fin de l'ère Bouteflika et l'arrivée d'un nouveau président élu, la contestation est loin d'avoir obtenu de réponse à ses revendications et se plaint de la continuité du système politique. Des intellectuels algériens alertent dans une tribune sur le fait que leur chef d'Etat ne respecte pas "les droits et libertés des citoyennes et des citoyens établis par les conventions internationales et dûment ratifiées par l’Algérie".

Avec nous pour en parler

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Douze jeunes militants hongkongais pro-démocratie ont été arrêtés le 23 août par des garde-côtes chinois, alors qu'ils tentaient de rejoindre Taiwan. Les autorités chinoises déclarent qu'ils sont dans le centre de détention de Yian-Tian, mais personne n'a pu les voir ni leur parler, suscitant l'inquiétude de leurs proches. 

Une mobilisation s'est formée à Hong-Kong pour défendre ces militants, et réclame aux autorités chinoises plus de transparence sur leur arrestation et leur traitement. En parallèle, l'exécutif hongkongais s'est désolidarisé de leur sort, affirmant notamment que "puisqu’ils avaient violé des lois chinoises, ils seront soumis à la justice chinoise".

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Où, après le décès de la juge Ruth Bader Ginsburg, l'on se pose une question... La démocratie américaine serait-elle en péril? Alors que le président Trump devrait annoncer son successeur d'ici la fin de semaine, Jean-Marc Four n'est pas tellement inquiet.

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Programmation musicale 

  • ARLO PARKS - Hurt
  • Iggy Pop - King of the dogs
Les invités
  • Akram BelkaïdJournaliste au Monde diplomatique, chroniqueur au Quotidien d’Oran, collaborateur à Orient XXI
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