74 pays ont déjà commandé des doses de Spoutnik V dans le monde, alors que l'Union européenne n'a pas encore statué sur sa mise sur le marché. Que révèle la stratégie russe d'exportation de son vaccin vedette ?

Russie : Spoutnik et la diplomatie du vaccin
Russie : Spoutnik et la diplomatie du vaccin © AFP / MAGALI COHEN / HANS LUCAS

« Les vaccins russes sont plus efficaces et plus sûrs que les autres » a déclaré Vladimir Poutine le 4 mars dernier. Une affirmation qui s'appuie sur les conclusions publiées en février par la prestigieuse revue scientifique "The Lancet", selon lesquelles le taux de protection du Spoutnik V est de 91,6%. Cela en fait le troisième vaccin le plus efficace au monde contre la Covid-19, tout juste derrière ceux de PfizerBioNTech et Moderna, et loin devant AstraZeneca.

74 pays ont d'ores et déjà commandé des vaccins Spoutnik V à la Russie, ce qui représentant plus de 815 millions de doses. C'est d'ailleurs davantage que les 3 vaccins chinois, qui n'ont pour le moment été commandé que par 23 états. C'est en particulier vers les pays en développement que Moscou adresse sa stratégie d'exportation du Spoutnik : Mexique, Algérie, Inde, Vénézuela, Iran... 

L'Europe, elle, demeure divisée en attendant les conclusions de l'Agence européenne des médicaments qui examine actuellement le vaccin russe avant. Sans attendre son verdict, certains pays ont même déjà commencé à l'administrer, comme la Hongrie qui espère ainsi accélérer sa campagne vaccinale. De son côté, la Russie mise sur Spoutnik pour améliorer son rayonnement international et en profiter pour se rapprocher de pays qui échappent traditionnellement à sa sphère d'influence.

Avec nous pour en parler

Tatiana Kastouéva-Jean est chercheuse et directrice du Centre Russie/Nouveaux états indépendants de l'Institut français des relations internationales (Ifri). 

Nous écouterons également un reportage de notre correspondant à Moscou Claude Bruillot.

Le Bruit du monde est à Budapest, où les Hongrois sont de plus en plus séduits par les vaccins russes et chinois 

Comme tous les pays de l’Union européenne, la Hongrie a eu son lot de Pfizer, Moderna, Astra Zeneca... Mais c’est le premier pays à avoir aussi fait son marché à l’Est, en achetant le vaccin russe Spoutnik V et 2 vaccins chinois (dont le Sinopharm) - qui ne sont pas encore approuvés par l’Europe. 

Ce qui permet à Budapest de compenser le manque actuel de sérums occidentaux, et de vacciner à tour de bras. Une stratégie payante : 16 % de la population a déjà reçu une première dose. En France et en Allemagne, ce taux est d'un peu plus de 8%. Si les Hongrois se sont d'abord méfiés de ces vaccins de l’Est, ils ont désormais changé d’avis.

Un reportage signé Florence Labruyère.

Également au programme de cette émission  

  • Sous les radars, par Amélie Perrier  
  • L’Amérique d’après Trump, par Grégory Philipps
  • Le monde d'après, l’édito de Jean-Marc Four

Programmation musicale 

WOODKID - Highway 27

Bebel GILBERTO - Sun is shining 

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