Le général Gaïd Salah, puissant chef de l'état-major et pilier du pouvoir algérien, est décédé ce matin. Cet événement peut-il enfoncer plus encore le pays dans la crise, après des élections présidentielles rejetées par le peuple ? Analyse avec l'historienne franco-algérienne Karima Dirèche.

Ahmed Gaid Salah le 19 décembre 2019
Ahmed Gaid Salah le 19 décembre 2019 © AFP / RYAD KRAMDI

On apprenait, ce matin, la mort du chef de l'armée algérienne, Gaïd Salah, âgé de soixante-dix-neuf ans, des suites d'une crise cardiaque. Hommages lui ont été rendus parmi les rangs du pouvoir, saluant un homme qui a « répondu à l'appel de la nation ». Sa dernière apparition publique avait eu lieu quelques jours auparavant, au moment de l'investiture du président Tebboune, élu le 12 décembre - qu'il avait contribué à porter au pouvoir. 

Il est peu probable que ce décès change profondément la donne en Algérie, où un successeur lui a déjà été désigné : l'armée devrait rester au cœur du système politique du pays. Mais si l'événement est significatif, c'est aussi parce que Salah était un personnage central de la vie politique, un ténor de l'ancienne garde algérienne. 

Chef de l'état-major depuis 2004, il œuvrait de façon discrète et prenait des décisions majeures en s'abritant derrière un pouvoir civil considéré, en Algérie, comme une façade. En mai dernier, il avait sacrifié le président Bouteflika, auquel il avait été loyal pendant des années, lorsque la rue avait fait entendre son rejet d'un chef de l'Etat devenu fantomatique.

Ce nouveau changement de donne, au sein d'un pays où le président élu est rejeté par une majorité de citoyens, qui poursuivent le hirak (contestation) jusqu'à ce jour, pourrait tout de même affecter le climat politique. On se souvient que les jours de manifestation, à Alger, on entendait les cris de « Gaïd Salah est avec les traîtres »...

Avec nous pour en parler

Karima Dirèche, historienne franco-algérienne et directrice de l'Institut de Recherche sur le Maghreb à Tunis, est notre invitée ce soir. 

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Les invités
  • Karima DirècheHistorienne, directrice de l'Institut de recherche sur le Maghreb contemporain (Tunis)
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