Le conflit armé dans la région d'Idlib a fait une centaine de morts militaires, lundi. Du point de vue humanitaire, l'inquiétude est à son comble : on compte plus de 900 000 déplacés civils, qui fuient l'intensité des combats. Nous en parlons avec Raphaël Pitti, urgentiste et spécialiste de la médecine de guerre.

Syrie : vers une catastrophe humanitaire à Idlib. Ici des enfants marchent à travers l’entrée d’un refuge souterrain où plusieurs familles de Syriens déplacés des provinces d’Alep et d’Idlib se réfugient, dans le village de Taltunah, février 2020
Syrie : vers une catastrophe humanitaire à Idlib. Ici des enfants marchent à travers l’entrée d’un refuge souterrain où plusieurs familles de Syriens déplacés des provinces d’Alep et d’Idlib se réfugient, dans le village de Taltunah, février 2020 © AFP / AREF TAMMAWI

Ce serait « le drame le plus important depuis la Seconde Guerre Mondiale », aux yeux des experts de la région, dont Raphaël Pitti. Dans la région d'Idlib, dernier bastion rebelle au nord-ouest du pays, 380 personnes sont mortes depuis la résurgence des combats, en décembre dernier. 

Le conflit a pris un tournant lorsque les forces gouvernementales de Bachar al-Assad ont marché sur la ville, déterminées à reprendre une région devenue hautement stratégique et soutenues par les Russes. Elles se sont heurtées aux armées turques et rebelles, avec une co-présence des djihadistes issus des dernières poches de l'ex-al Qaïda. 

Les premières victimes de ces affrontements sont les civils. 

La province est peuplée de pas moins de 3.5 millions d'habitants, dont une majorité de déplacés qui s'y étaient réfugiés face à la répression du régime. Ils sont aujourd'hui près d'un million à fuir à nouveau la violence des combats, et notamment l'usage des armes chimiques. 

Deux hôpitaux ont récemment été détruits, dont une maternité. Or l'aide humanitaire n'a pratiquement aucun accès à cette zone survolée par des avions militaires et soumise aux bombardements. La population y manque donc de tout - produits de première nécessité, médicaments... tandis que la frontière turque est devenue infranchissable. 

Les combats se rapprochent dangereusement des campements civils... Dans ce contexte dramatique, les ONG reprochent à la communauté internationale son immobilisme. Un sommet sur la question entre dirigeants russe, turc, français et allemand aura lieu le 5 mars prochain.

Avec nous pour en parler

Raphaël Pitti est anesthésiste réanimateur, spécialiste de médecine d'urgence et de médecine de guerre. Il a notamment dirigé la formation des personnels soignants en Syrie.

Le bruit du monde est en Pologne

où le politique reprend la main sur les tribunaux... Par Thomas Giraudeau

A Varsovie, des milliers de personnes ont manifesté pour protester contre une loi répressive à l'encontre des juges, et promulguée depuis. Ces derniers pourront désormais être suspendus, voire révoqués par un organe contrôlé par le pouvoir politique, s'ils venaient à critiquer les réformes de la justice. L'objectif avancé est d'écarter une prétendue « caste des juges » surpuissante.

Le texte a été renommé « loi muselière » par l'opposition, car il vise selon elle à faire taire les magistrats. Igor Tuleya, juge et figure du mouvement anti-gouvernemental, voit les mesures disciplinaires s'accumuler contre lui - ce depuis qu'il a critiqué les dérives d'un service d'enquête.

Dans le même temps, la Cour de Justice Européenne se penche sur ce dossier, et envisage des sanctions financières envers la Pologne si elle ne respecte pas les règles de l'Etat de droit.

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